Langue Française : le français par la chanson

29112008

                                              Le Français par la chanson.                                                

En matière d’apprentissage du français, la chanson peut bien servir à des exercices d’écoute et de compréhension orale. Elle permet d’offrir des voix et des façons de parler authentiques et variées ; elle  affine les capacités de comprendre le français tel qu’il est effectivement parlé en dehors d’une situation de classe. En ce sens, chaque chanson est un document authentique de langue et de culture qui n’a pas été créée à l’usage de l’apprenant étranger. Elle offre une entrée dans la langue française et tout ce qu’elle véhicule: une façon d’être, de sentir, de se voir, de réagir au monde. Elle permet d’entrer dans une certaine mesure dans ce que c’est que d’être français (ou québécois, ou belge ou africain) de nos jours. Ce n’est pas peu de chose L’exercice d’écoute

 L’exercice le plus simple est l’écoute d’une chanson, d’abord sans texte. On peut même fermer les yeux et essayer de percevoir la chanson globalement, ainsi que de saisir de quoi il s’agit dans l’ensemble. Même quand les paroles ne sont pas comprises dans le détail, on peut déjà avoir une certaine idée du sujet, du ton, de l’émotion. Une communication peut avoir lieu . Certes, elle dépend pas des seules paroles, mais elle pourrait  donner envie de comprendre ces paroles plus précisément. 

Toutefois, il  faut prêter une attention particulière à certains éléments de la chanson: la voix, l’expressivité de l’interprétation, les instruments qui accompagnent la voix, l’orchestration, les rimes, la répétition de mots ou de phrases, l’accentuation de certains mots par ces divers moyens, ou encore repérer et  noter, par exemple, certains éléments linguistiques: les verbes , modes verbaux, les niveaux et registres de langue, les figures de style… 

                                                                                                                             L’analyse d’une chanson 

1. Quel est le sujet de la chanson?  2. Y a-t-il allusion à des références précises (lieux, êtres, événements, etc.)? 3. Quelle relation existe-t-il entre le titre et le contenu de la chanson? 4. Trouvez un autre titre à cette chanson. 5. Pouvez-vous identifier qui « dit » le message? qui « fait » l’action? 

   Le « je » de la chanson n’est pas forcément identique à l’auteur: ce « je » est inventé comme le « je » d’un roman ou d’un poème. Ceci dit, la chanson d’auteurs-compositeurs-interprètes est très souvent une expression assez directe de leur sentiments, idées, ou opinions personnelles, ce qui contribue à la communication très forte susceptible de s’installer entre un chanteur et son public. 6. A qui s’adresse-t-on dans la chanson? La chanson peut s’adresser à une personne spécifique, à un groupe que l’on critique ou interpelle, à tout auditeur, ou à chacun à titre personnelle.Dans tous les cas, il y a une certaine complicité qui s’établit, entre le chanteur et l’individu qui l’écoute, ou parmi tous ceux qui l’écoutent qui s’identifient avec lui ou se reconnaissent dans ses propos. 

7. Comment s’organise la chanson (son plan, sa structure )?

8. Expliquer l’idée ou l’action principale de chaque couplet ou strophe? ( L’analyse indiquera également la fonction des différentes parties de la chanson: récit, commentaire, etc.  ).9. Relevez le vocabulaire qui est relié au thème (sujet) de la chanson:   noms ,verbes ,adjectifs, adverbes (toutes les catégories grammaticales) 

10. Faites le tableau des verbes. Quels sont les temps et modes dominants ? Quelle personne du verbe est employée principalement? Que peut-on en conclure?  Ce tableau peut être révélateur du sens de la chanson: les imparfaits de « La Montagne » de Jean Ferrat relèguent la vie de la montagne dans un passé irrécupérable, les subjonctifs de « Attendez que ma joie revienne » de Barbara expriment l’aspect hypothétique du nouvel amour. 

11. Y a-t-il présence des caractéristiques de la langue parlée? Ont-elle une fonction spéciale? La chanson reflète, plus que d’autres genres de textes, le français tel qu’on le parle, y compris les élisions, l’omission du ‘ne’ négatif, etc. Il est bon de comprendre ces différences et d’apprendre à manier la langue parlée et la langue écrite à bon escient. L’étude de la chanson, à côté d’autres genres de textes, peut contribuer à cet apprentissage. 

12. Passe-t-on d’un niveau de langue à un autre?  Il y a des chansons qui font appel à des niveaux de langue très divers, et il est bon que l’on apprenne à distinguer les langages familier, populaire, argotique, vulgaire, etc. en contexte, ce qui pourra aider les à les apprécier comme des richesses de la langue française et à les utiliser (ou à les éviter) en connaissance de cause. 

13. L’auteur emploie-t-il des figures de style? Quelle est leur fonction? Quel est leur sens? (Comparaisons, métaphores, personnifications, etc.) 14. Pour chaque strophe, donnez les caractéristiques techniques: sonorités, rimes, assonances, pieds. L’analyse de la chanson permet une initiation à la métrique de la poésie, tout en la distinguant de celle de la chanson, où le texte imprimé indique souvent l’élision de l’e muet typique de la langue parlée ;élision que l’on a quelquefois du mal à assimiler et à pratiquer. 

15. Expliquez le lien qui existe entre le texte et la musique. 

16. L’interprétation (la voix) aide-t-elle à la compréhension de la chanson?  17. Y a-t-il dans le texte des structures nouvelles ou particulières? des mots nouveaux? 

18. Trouvez, chez un autre auteur une chanson qui traite du même sujet. En connaissez-vous dans votre langue maternelle? Comparez les différentes façons d’aborder ce même sujet.    Il y a des thèmes frappants dans la chanson français,entre autres le testament, la mort, l’enterrement,qui peuvent donner lieu à des comparaisons culturelles fructueuses.    19. Commentaires supplémentaires:    

Les chansons peuvent servir de point de départ de discussions portant sur tous les thèmes abordés. Il serait possible de trouver une chanson portant sur presque tous les aspects de la réalité telle qu’elle est vécue et ressentie. Chaque chanson donne une approche spécifique et bien enracinée dans la langue et la culture de l’auteur, et permet d’entrer dans la sensibilité de l’auteur, de la comprendre de l’intérieur, de la confronter à sa propre façon de sentir et de penser.  Le répertoire de chansons par thèmes ne fait que suggérer les riches de la chanson contemporaine pour l’étude de la culture au sens le plus large du terme. La chanson peut donc accompagner tout autre livre ou méthode de langue ou de civilisation employés en classe, en y ajoutant un élément plus vivant que tout autre texte qui n’est que texte.                                                                 Quelques exemples de chansons francophones:

                                                                        »Le Gitan », Daniel Guichard

Il a un rire de voyou Dans le fond des yeux, des amis 

Il a le cœur au bord des coups  Le gitan, le gitan, 

Un peu renard, un peu loup Il sort le jour ou bien la nuit 

Ce qu’on dit de lui il s’en fout  Le gitan, le gitan, que tu ne connais pas ! 

Il aurait pu être un grand matador Un voleur de poules, un jeteur de sorts 

Prendre une guitare, être musicien  Mais sa vie à lui elle est dans ses poings 

Il ne sait pas d’où il vient Mais il sait toujours où il va 

Il a des milliers de cousins  Le gitan, le gitan, 

Il a couru les chemins Sainte-Marie ou Guernica 

Pour venir dormir à Saint-Ouen  Le gitan, le gitan, que tu ne connais pas ! 

Souvent je deviens, gitan Mon ciel est le sien, gitan 

Je suis comme lui, gitan  J’ai plus de pays, gitan 

J’ai plus de maison, gitan Je n’ai plus de nom, gitan 

C’est toi qu’a raison, gitan  Y a plein d’horizons ! 

Il a toujours l’air heureux Les chagrins, lui, n’en veut pas 

Il les jette au milieu d’un feu  Le gitan, le gitan, 

L’amitié n’est pas un jeu Quand il donne il ne reprend pas 

Il sait couper son cœur en deux  Le gitan, le gitan, que tu ne connais pas ! 

Il aurait pu être un grand matador Un voleur de poules un jeteur de sorts 

Prendre une guitare, être musicien  Mais sa vie à lui elle est dans ses poings 

Souvent je deviens, gitan Mon ciel est le sien, gitan 

Je suis comme lui, gitan  J’ai plus de pays, gitan 

J’ai plus de maison, gitan Je n’ai plus de nom, gitan 

C’est toi qu’a raison, gitan  Y a plein d’horizons !  Il a un rire de voyou 

Dans le fond des yeux : des amis  Il a le cœur au bord des coups 

Le gitan, le gitan Un peu renard, un peu loup 

Il dort le jour ou bien la nuit  Ce qu’on dit de lui il s’en fout 

Le gitan, le gitan, que tu ne connais pas ! Il a le cœur au bord des coups 

Ce qu’on dit de lui il s’en fout 

Le gitan, le gitan, que je connais pour toi !

                                                                

    » Faut pas pleurer comme ça », D.Guichard

 
Faut pas pleurer comme ça
Demain ou dans un mois
Tu n’y penseras plus
Faut pas pleurer comme ça
Aujourd’hui c’est pour toi
Que nous sommes venus

Ne dis rien si tu veux
Mais sèche un peu tes yeux
Et ne crois pas surtout
Que nous autres on s’en fout
Tu sais pleurer ça sert à rien
Laisse un peu dormir ta peine
Dans un coin
Faut pas pleurer comme ça
Pleurer pour qui pour quoi
Pour quelques souvenirs
Pour quelques mots d’amour
Jetés dans une cour
Et qui s’en vont mourir

Ne dis rien si tu veux
Mais sèche un peu tes yeux
Et ne crois pas surtout
Que tes larmes on s’en fout
Tu sais pleurer ça sert à rien
Laisse un peu, laisse un peu
Dormir ta peine dans un coin

Faut pas pleurer comme ça
Demain ça sera toi
Qui sauras nous parler
Quand tu viendras nous voir
Tu pourras nous faire croire
Que tout peut s’oublier
Mais pour l’instant tais-toi
Pour parler on est là
Et ne crois pas surtout
Que nous autres on s’en fout
Tu sais pleurer ça sert à rien
Laisse un peu dormir ta peine
Dans un coin. 

                      »La tendresse », D.Guichard 

La tendresse
C’est quelquefois ne plus s’aimer mais être heureux
De se trouver à nouveau deux
C’est refaire pour quelques instants un monde en bleu
Avec le cœur au bord des yeux
La tendresse, la tendresse, la tendresse,
La tendresse.
La tendresse
C’est quand on peut se pardonner sans réfléchir
Sans un regret sans rien se dire
C’est quand on veut se séparer sans se maudire
Sans rien casser, sans rien détruire
La tendresse, la tendresse, la tendresse,
La tendresse.
La tendresse
C’est un geste, un mot, un sourire quand on oublie
Que tous les deux on a grandi
C’est quand je veux te dire je t’aime et que j’oublie
Qu’un jour ou l’autre l’amour finit
La tendresse, la tendresse, la tendresse,
La tendresse.
La tendresse, la tendresse, la tendresse,
La tendresse.
Allez viens. 
                        

                   « Mon vieux ».

Dans son vieux pardessus râpé
Il s’en allait l’hiver, l’été
Dans le petit matin frileux
Mon vieux.
Y avait qu’un dimanche par semaine
Les autres jours, c’était la graine
Qu’il allait gagner comme on peut
Mon vieux.
L’été, on allait voir la mer
Tu vois c’était pas la misère
C’était pas non plus l’paradis
Hé oui tant pis.

Dans son vieux pardessus râpé
Il a pris pendant des années
L’même autobus de banlieue
Mon vieux.

L’soir en rentrant du boulot
Il s’asseyait sans dire un mot
Il était du genre silencieux
Mon vieux.

Les dimanches étaient monotones
On n’recevait jamais personne
Ça n’le rendait pas malheureux
Je crois, mon vieux.

Dans son vieux pardessus râpé
Les jours de paye quand il rentrait
On l’entendait gueuler un peu
Mon vieux.

Nous, on connaissait la chanson
Tout y passait, bourgeois, patrons,
La gauche, la droite, même le bon Dieu
Avec mon vieux.

Chez nous y avait pas la télé
C’est dehors que j’allais chercher
Pendant quelques heures l’évasion
Tu sais, c’est con!

Dire que j’ai passé des années
A côté de lui sans le r’garder
On a à peine ouvert les yeux
Nous deux.

J’aurais pu c’était pas malin
Faire avec lui un bout d’chemin
Ça l’aurait p’t'-êt’ rendu heureux
Mon vieux.

Mais quand on a juste quinze ans
On n’a pas le cœur assez grand
Pour y loger tout’s ces chos’s-là
Tu vois.

Maintenant qu’il est loin d’ici
En pensant à tout ça, j’me dis
« J’aim’rais bien qu’il soit près de moi » 

                            PAPA…                            

Georges Chelon est né à Marseille, le 4 janvier 1943. Après ses études de Sciences Politique il envisage une carrière dans le journalisme mais lors d’un voyage en Espagne avec des amis, où il acquiert une guitare, Georges commence à écrire ses premières chansons.
 En 1964 il se présente à un radio-crochet organisé par Pathé Marconi et Radio Monte-Carlo. Sa prestation attire l’attention de René vanneste à l’époque directeur artistique chez Pathé Marconi (à qui Georges a dédié son album On rêve, on rêve en 1998) qui va lui donner la possibilité d’enregistrer en septembre son premier 45 tours.
Après une tournée d’été  » formatrice  » en Corse, le premier Super 45 tours quatre titres 15-20 et plus sortira en janvier 1965. Les chansons sont bien accueillies par le public. Pour le jeune étudiant Georges Chelon qui ne songeait pas à une carrière professionnelle dans la chanson ce sera une révélation. Il obtient l’Hermine d’or du Festival de Rennes en mai de la même année, gagnant à cette occasion, se souvient Georges pour l’anecdote, son poids en orange. En juin de la même année, s’ensuit la parution d’un premier 33 tours
Père prodigue, fait exceptionnel à l’époque pour un artiste débutant. ..Georges Chelon, à contre courant de la vague yéyé, plaît à un public d’étudiants principalement qui se retrouvent dans ses chansons… 

              »Père prodigue« , Georges Chelon

Ah ! te voilà, toi
J’peux pas bien dire que je te reconnaisse
J’étais vraiment à fleur d’jeunesse
Quand tu nous as laissés tomber
Mais pour le peu que j’me rappelle
De la tête que tu avais
Ça t’aurait plutôt profité
Ce p’tit séjour à l’étranger
Mais j’ai changé moi
Sûr tu dois m’trouver bien grandi
J’t'ai pas donné beaucoup de soucis
Mais cependant faudrait pas croire
Que j’ai pu pousser sans histoires
 

Ah ! te voilà toi
Serait bien temps que tu reviennes
Serait bien temps que tu t’souviennes
De ceux qu’t'as laissés derrière toi
D’celle qui fit feu d’toute sa tendresse
Qui eut toujours d’l'amour de reste
Afin qu’ton retour de passion
Ne tombe aussi sur notre front
Mais j’peux bien l’dire, va
Toi qui ne m’as même pas donné
Juste c’qu’il faut d’temps pour t’aimer
Parfois j’ai eu besoin de toi
Une mère c’est trop doux quelquefois
Ah ! te voilà toi
Mais n’te prends pas pour le père prodigue
Pour ton retour la table est vide
On n’a pas tué le veau gras
Ce serait beaucoup trop facile
De revenir d’un pas tranquille
Dans ce qui n’est plus un chez-toi
Tu peux regarder, va
Tu n’verras rien qui t’appartienne
Pas un objet qui te retienne
On t’a effacé de nos joies
Comme toi tu nous effaças
Tu peux fouiller
Tu n’trouvera rien qui t’appartienne
Pas un objet qui te retienne
Ni ne te retiennent nos bras
Ta place n’est pas sous notre toit
Ta place n’est plus sous notre toit. 

                                                                      « Le métèque », G.Moustaki

Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents
Avec mes yeux tout délavés, qui me donnent l’air de rever
Moi qui ne reve plus souvent.
Avec mes mains de maraudeur, de musicien et de rodeur
Qui ont pillé tant de jardins
Avec ma bouche qui a bu, qui a embrassé et mordu
Sans jamais assouvir sa faim
Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec
De voleur et de vagabond
Avec ma peau qui s’est frottée au soleil de tous les étés
Et tout ce qui portait jupon
Avec mon coeur qui a su faire souffrir autant qu’il a souffert
Sans pour cela faire d’histoire
Avec mon âme qui n’a plus la moindre chance de salut
Pour éviter le purgatoire.

Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents
Je viendrai ma douce captive, mon âme soeur, ma source vive
Je viendrai boire tes vingt ans
Et je serai prince de sang, reveur, ou bien adolescent
Comme il te plaira de choisir
Et nous ferons de chaque jour, toute une éternité d’amour
Que nous vivrons à en mourir.
Et nous ferons de chaque jour, toute une éternité d’amour
Que nous vivrons à en mourir. 

« (…) On l’imaginerait volontiers toujours en balade, quelque part entre son Égypte natale, le Brésil qu’il a tant chanté et son appartement de l’île Saint-Louis, à Paris. Mais Moustaki ne chôme pas. Outre ce dernier opus, il a publié trois livres en sept ans. L’an dernier il a sorti une anthologie de sa carrière en dix CD. Une actualité régulière, ponctuée de tournées aux quatre coins du monde.
 Cette fois, il revient avec un disque de douze chansons, sobrement intitulé Moustaki : premier album studio depuis 1996. Le disque s’ouvre sur « Odéon », un titre promis à Barbara : « J’aurais aimé chanter cette chanson en duo avec elle, mais hélas elle s’en est allée trop tôt… ». C’est donc « Emma » qui fait fondre : une palpitante déclaration d’amour à la comédienne britannique Emma Thompson, qui vient poser sa voix à côté de celle du chanteur sur cette composition écrite en son honneur… « Virgin, ma maison de disques, a envoyé la maquette à Emma Thompson pour savoir si elle adhérerait à l’idée d’être présente. Elle a été très touchée et m’a dit oui… » … l’auteur du « Métèque » reste un éternel voyageur… « Quand l’endroit où je chante me plait, j’essaie de prolonger mon séjour. C’est plus facile de se laisser porter par des choses et des êtres avec lesquels on est en accord. »
  À croire Moustaki, ce penchant remonte à sa huitième année. Le petit Georges (de son vrai nom Youssef Mustacchi) vit une enfance ensoleillée à Alexandrie, où il apprend et parle le français. Ses parents, très attachés à la culture des Lumières, l’inscrivent dans une institution scolaire française. Le baccalauréat en poche, Youssef va tout naturellement à Paris. Nous sommes en 1951. Il essaie de gagner sa vie en vendant des livres de poésie et gratte un peu la guitare dans ses moments de loisir. Un soir, il entend Georges Brassens, alors débutant. C’est le choc. Il lui montre les quelques chansons qu’il a écrites. Brassens l’encourage à continuer. En hommage au maître, le jeune homme décide de transformer son nom en Georges Moustaki et pousse la porte de quelques cabarets comme chanteur occasionnel.
  La grande aventure démarre plus tard. En 1958, son ami le guitariste Henri Crolla le présente à Édith Piaf. De cette rencontre naît une liaison tumultueuse qui durera un an. Piaf demande à Moustaki de lui écrire des chansons : la plus célèbre reste « Milord », sur une musique de Marguerite Monnot. On retrouve ce titre mythique, interprété par Moustaki, en « plage fantôme » de l’album 2003 : « Je me réfère constamment à Piaf… Je ne fais pas d’idolâtrie mais, chaque fois que je l’entends chanter, même dans des enregistrements que je connais, je discerne des choses nouvelles ». Entre 1960 et 1965, Moustaki sort des disques, mais sans succès. Il propose même, dès 1966, la maquette du « Métèque » : sa maison de disques n’y trouve aucun intérêt et lui rend son contrat… Cette année-là, il rencontre aussi l’acteur Serge Reggiani, désireux de commencer une carrière de chanteur. Moustaki accepte d’écrire pour lui. C’est ainsi que naissent des monuments tels que « Sarah », « Votre fille a vingt ans » et « Ma liberté ».
Mais c’est l’année 1969 qui va le révéler au grand public : « Le Métèque » sort en 45 tours et son succès lui permet de sortir, dans la foulée, un 33 tours, couronné l’année suivante par le Prix Charles-Cros. Les albums vont se succéder, les tournées aussi… Le 3 mai prochain, Georges Moustaki a choisi de fêter ses 70 ans dans sa ville natale d’Alexandrie » . 
                           

Edmond Sadaka, Radio France Internationale ,  Le français dans le monde N°332, mars – avril 2004           

                                                       

A Tanger ( Malek)A Tanger 

J’ai d’abord vu la ville  Semblant narguer l’Espagne   

Accrochée comme un cil Aux yeux de la montagne. 

A Tanger  J’ai vu cette lumière 

Qui ne faiblit jamais, Qui jaillit de la mer 

Pour inventer l’été.  A Tanger 

J’ai marché dans les rues Et ma tête était claire 

Au milieu des cohues  Et des parfums amers. 

A Tanger J’ai vu le regard d’aigle 

De ce peuple vaillant  Enfanté par des siècles 

De mélanges et de sang. A Tanger 

J’ai goûté la tiédeur  Du tout petit matin 

Dans la brume qui meurt En perles sur les mains, 

A Tanger  J’ai entendu l’appel 

Qui déchire la nuit Comme un souffle du ciel 

Sur la ville endormie  A Tanger 

J’ai pensé à Matisse 

Burroughs et Delacroix,    

Aux heures qui tarissent 

Et ne reviennent pas ;  A Tanger  J’ai vu ma solitude Dans le miroir du temps 

Dans l’illusion du sud  Dans les transes du vent, 

A Tanger J’ai vu le regard d’aigle 

De ce peuple vaillant  Frissonnant de délire 

Des amants retrouvés, A Tanger 

Tu m’as dit que la vie  Déjà nous appelait 

A Tanger, j’ai compris Que c’est toi que j’aimais … 

                                                   

Avec le temps , Léo Ferré   

Avec le temps
Avec le temps va, tout s’en va
On oublie le visage
Et l’on oublie la voix
Le coeur quand ça bat plus
C’est pas la peine d’aller chercher plus loin
Faut laisser faire et c’est très bien
Avec le temps
Avec le temps va, tout s’en va
L’autre qu’on adorait
Qu’on cherchait sous la pluie
L’autre qu’on devinait
Au détour d’un regard
Entre les mots, entre les lignes
Et sous le fard
D’un serment maquillé
Qui s’en va faire sa nuit
Avec le temps tout s’évanouit
Avec le temps
Avec le temps va, tout s’en va
Même les plus chouettes souv’nirs
Ça t’a une de ces gueules
A la galerie j’farfouille
Dans les rayons d’la mort
Le sam’di soir
Quand la tendresse s’en va toute seule
Avec le temps
Ave le temps va, tout s’en va
L’autre à qui l’on croyait
Pour un rhume pour un rien
L’autre à qui l’on donnait
Du vent et des bijoux
Pour qui l’on eût vendu son âme
Pour quelques sous
Devant quoi l’on s’traînait
Comme traînent les chiens
Avec le temps va, tout va bien
Avec le temps
Avec le temps va, tout s’en va
On oublie les passions
Et l’on oublie les voix
Qui nous disaient tout bas
Les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard surtout ne prends pas froid
Avec le temps
Avec le temps va, tout s’en va
Et l’on se sent blanchi
Comme un cheval fourbu
Et l’on se sent glacé
Dans un lit de hasard
Et l’on se sent tout seul
Peut-être mais peinard
Et l’on se sent floué
Par les années perdues
Alors vraiment
Avec le temps on n’aime plus. 
     « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? » , Léo Ferré 

Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
A quoi bon puisque c’est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m’éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j’ai cru trouver un pays.
Cœur léger cœur changeant cœur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n’avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m’endormais comme le bruit.
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.
C’était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d’épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j’y tenais mal mon rôle
C’était de n’y comprendre rien
Dans le quartier Hohenzollern
Entre la Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un cœur d’hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m’allonger près d’elle
Dans les hoquets du pianola.
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.
Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.
Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faïence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n’en est jamais revenu.
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.
Il est d’autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t’en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton cœur
Un dragon plongea son couteau
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent. 
            La Vie d’artiste , Léo Férré 

Je t’ai rencontrée par hasard,
Ici, ailleurs ou autre part,
Il se peut que tu t’en souviennes.
Sans se connaître on s’est aimés,
Et même si ce n’est pas vrai,
Il faut croire à l’histoire ancienne.
Je t’ai donné ce que j’avais
De quoi chanter, de quoi rêver.
Et tu croyais en ma bohème,
Mais si tu pensais à vingt ans
Qu’on peut vivre de l’air du temps,
Ton point de vue n’est plus le même.
Cette fameuse fin du mois
Qui depuis qu’on est toi et moi,
Nous revient sept fois par semaine
Et nos soirées sans cinéma,
Et mon succès qui ne vient pas,
Et notre pitance incertaine.
Tu vois je n’ai rien oublié
Dans ce bilan triste à pleurer
Qui constate notre faillite.
 » Il te reste encore de beaux jours
Profites-en mon pauvre amour,
Les belles années passent vite. »
Et maintenant tu vas partir,
Tous les deux nous allons vieillir
Chacun pour soi, comme c’est triste.
Tu peux remporter le phono,
Moi je conserve le piano,
Je continue ma vie d’artiste.
Plus tard sans trop savoir pourquoi
Un étranger, un maladroit,
Lisant mon nom sur une affiche
Te parlera de mes succès,
Mais un peu triste toi qui sais
 » Tu lui diras que je m’en fiche…
que je m’en fiche… » 
             « Je m’voyais déjà » ,  Charles Aznavour 

A dix-huit ans j’ai quitté ma province
Bien décidé à empoigner la vie
Le cœur léger et le bagage mince
J’étais certain de conquérir Paris
Chez le tailleur le plus chic j’ai fait faire
Ce complet bleu qu’était du dernier cri
Les photos, les chansons et les orchestrations
Ont eu raison de mes économies
Je m’voyais déjà en haut de l’affiche
En dix fois plus gros que n’importe qui mon nom s’étalait
Je m’voyais déjà adulé et riche
Signant mes photos aux admirateurs qui se bousculaient
J’étais le plus grand des grands fantaisistes
Faisant un succès si fort que les gens m’acclamaient debout
Je m’voyais déjà cherchant dans ma liste
Celle qui le soir pourrait par faveur se pendre à mon cou
Mes traits ont vieilli, bien sûr, sous mon maquillage
Mais la voix est là, le geste est précis et j’ai du ressort
Mon cœur s’est aigri un peu en prenant de l’âge
Mais j’ai des idées, j’connais mon métier et j’y crois encor
Rien que sous mes pieds de sentir la scène
De voir devant moi le public assis, j’ai le cœur battant
On m’a pas aidé, je n’ai pas eu d’veine
Mais au fond de moi, je suis sur d’avoir du talent
Ce complet bleu, y a trente ans que j’le porte
Et mes chansons ne font rire que moi
J’cours le cachet, j’fais du porte à porte
Pour subsister j’fais n’importe quoi
Je n’ai connu que des succès faciles
Des trains de nuit et des filles à soldats
Les minables cachets, les valises à porter
Les p’tits meublés et les maigres repas
Je m’voyais déjà en photographie
Au bras d’une star l’hiver dans la neige, l’été au soleil
Je m’voyais déjà racontant ma vie
L’air désabusé à des débutants friands de conseils
J’ouvrais calmement les soirs de première
Mille télégrammes de ce Tout-Paris qui nous fait si peur
Et mourant de trac devant ce parterre
Entré sur la scène sous les ovations et les projecteurs
J’ai tout essayé pourtant pour sortir de l’ombre
J’ai chanté l’amour, j’ai fait du comique et d’la fantaisie
Si tout a raté pour moi, si je suis dans l’ombre
Ce n’est pas ma faut’ mais cell’ du public qui n’a rien compris
On ne m’a jamais accordé ma chance


D’autres ont réussi avec un peu de voix mais beaucoup d’argent
Moi j’étais trop pur ou trop en avance
Mais un jour viendra je leur montrerai que j’ai du talent 
                                                     

    »La bohème », Charles Aznavour  Je vous parle d’un temps
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître
Montmartre en ce temps-là
Accrochait ses lilas
Jusque sous nos fenêtres
Et si l’humble garni
Qui nous servait de nid
Ne payait pas de mine
C’est là qu’on s’est connu
Moi qui criait famine
Et toi qui posais nue
La bohème, la bohème
Ça voulait dire on est heureux
La bohème, la bohème
Nous ne mangions qu’un jour sur deux
Dans les cafés voisins
Nous étions quelques-uns
Qui attendions la gloire
Et bien que miséreux
Avec le ventre creux
Nous ne cessions d’y croire
Et quand quelque bistro
Contre un bon repas chaud
Nous prenait une toile
Nous récitions des vers
Groupés autour du poêle
En oubliant l’hiver
La bohème, la bohème
Ça voulait dire tu es jolie
La bohème, la bohème
Et nous avions tous du génie
Souvent il m’arrivait
Devant mon chevalet
De passer des nuits blanches
Retouchant le dessin
De la ligne d’un sein
Du galbe d’une hanche
Et ce n’est qu’au matin
Qu’on s’asseyait enfin
Devant un café-crème
Epuisés mais ravis
Fallait-il que l’on s’aime
Et qu’on aime la vie
La bohème, la bohème
Ça voulait dire on a vingt ans
La bohème, la bohème
Et nous vivions de l’air du temps
Quand au hasard des jours
Je m’en vais faire un tour
A mon ancienne adresse
Je ne reconnais plus
Ni les murs, ni les rues
Qui ont vu ma jeunesse
En haut d’un escalier
Je cherche l’atelier
Dont plus rien ne subsiste
Dans son nouveau décor
Montmartre semble triste
Et les lilas sont morts
La bohème, la bohème
On était jeunes, on était fous
La bohème, la bohème
Ça ne veut plus rien dire du tout. 
         »La mama » Aznavour Ils sont venus


Ils sont tous là
Dès qu’ils ont entendu ce cri
Elle va mourir, la mamma
Ils sont venus
Ils sont tous là
Même ceux du sud de l’Italie
Y a même Giorgio, le fils maudit
Avec des présents plein les bras
Tous les enfants jouent en silence
Autour du lit ou sur le carreau
Mais leurs jeux n’ont pas d’importance
C’est un peu leurs derniers cadeaux
A la mamma
On la réchauffe de baisers
On lui remonte ses oreillers
Elle va mourir, la mamma
Sainte Marie pleine de grâces
Dont la statue est sur la place
Bien sûr vous lui tendez les bras
En lui chantant Ave Maria
Ave Maria
Y a tant d’amour, de souvenirs
Autour de toi, toi la mamma
Y a tant de larmes et de sourires
A travers toi, toi la mamma
Et tous les hommes ont eu si chaud
Sur les chemins de grand soleil
Elle va mourir, la mamma
Qu’ils boivent frais le vin nouveau
Le bon vin de la bonne treille
Tandis que s’entrassent pêle-mêle
Sur les bancs, foulards et chapeaux
C’est drôle on ne se sent pas triste
Près du grand lit et de l’affection
Y a même un oncle guitariste
Qui joue en faisant attention
A la mamma
Et les femmes se souvenant
Des chansons tristes des veillées
Elle va mourir, la mamma
Tout doucement, les yeux fermés
Chantent comme on berce un enfant
Aprés une bonne journée
Pour qu’il sourie en s’endormant
Ave Maria
Y a tant d’amour, de souvenirs
Autour de toi, toi la mamma
Y a tant de larmes et de sourires
A travers toi, toi la mamma
Que jamais, jamais, jamais
Tu nous quitteras…                                                

     « Hors-saison » , Francis Cabrel  C’est le silence
Qui se remarque le plus
Les volets roulants tous descendus
De l’herbe ancienne
Dans les bacs à fleurs
Sur les balcons
On doit être hors-saison
La mer quand même
Dans ses rouleaux continue
Son même thème
Sa chanson vide et têtue
Pour quelques ombres perdues
Sous des capuchons
On doit être hors-saison
Le vent transperce
Ces trop longues avenues
Quelqu’un cherche une adresse inconnue
Et le courrier déborde
Au seuil des pavillons
On doit être hors-saison
Une ville se fâne
Dans les brouillards salés
La colère océane est trop près
Les tourments la condamnent
Aux écrans de fumée
Personne ne s’éloigne du quai
On pourrait tout prendre
Les murs, les jardins, les rues
On pourrait mettre
Aux boîtes aux lettres nos prénoms dessus
Ou bien peut-être un jour
Les gens reviendront
On doit être hors-saison
La mer quand même
Dans ses rouleaux continue
Son même thème
Sa chanson vide « où es-tu ? »
Tout mon courrier déborde
Au seuil de ton pavillon
On doit être hors-saison…
Une ville se fâne
Dans les brouillards salés
La colère océane est trop près
Les tourments la condamnent
Aux écrans de fumée
Personne ne s’éloigne du quai 
     » Je l’aime à mourir »,  Francis Cabrel 

Moi je n’étais rien
Et voilà qu’aujourd’hui
Je suis le gardien
Du sommeil de ses nuits
Je l’aime à mourir
Vous pouvez détruire
Tout ce qu’il vous plaira
Elle n’a qu’à ouvrir
L’espace de ses bras
Pour tout reconstruire
Pour tout reconstruire
Je l’aime à mourir
Elle a gommé les chiffres
Des horloges du quartier
Elle a fait de ma vie
Des cocottes en papier
Des éclats de rire
Elle a bâti des ponts
Entre nous et le ciel
Et nous les traversons
À chaque fois qu’elle
Ne veut pas dormir
Ne veut pas dormir
Je l’aime à mourir
Elle a dû faire toutes les guerres
Pour être si forte aujourd’hui
Elle a dû faire toutes les guerres
De la vie, et l’amour aussi
Elle vit de son mieux
Son rêve d’opaline
Elle danse au milieu
Des forêts qu’elle dessine
Je l’aime à mourir
Elle porte des rubans
Qu’elle laisse s’envoler
Elle me chante souvent
Que j’ai tort d’essayer
De les retenir
De les retenir
Je l’aime à mourir
Pour monter dans sa grotte
Cachée sous les toits
Je dois clouer des notes
À mes sabots de bois
Je l’aime à mourir
Je dois juste m’asseoir
Je ne dois pas parler
Je ne dois rien vouloir
Je dois juste essayer
De lui appartenir
De lui appartenir
Je l’aime à mourir
Elle a dû faire toutes les guerres
Pour être si forte aujourd’hui
Elle a dû faire toutes les guerres
De la vie, et l’amour aussi
Moi je n’étais rien
Et voilà qu’aujourd’hui
Je suis le gardien
Du sommeil de ses nuits
Je l’aime à mourir
Vous pouvez détruire
Tout ce qu’il vous plaira
Elle n’aura qu’à ouvrir
L’espace de ses bras
Pour tout reconstruire
Pour tout reconstruire
Je l’aime à mourir 
       « Répondez-moi », Francis Cabrel 

 

Je vis dans une maison sans balcon, sans toiture
Où y a même pas d’abeilles sur les pots de confiture
Y a même pas d’oiseaux, même pas la nature
C’est même pas une maison
J’ai laissé en passant quelques mots sur le mur
Du couloir qui descend au parking des voitures
Quelques mots pour les grands
Même pas des injures
Si quelqu’un les entend
Répondez-moi
Répondez-moi
Mon cœur a peur d’être emmuré entre vos tours de glace
Condamné au bruit des camions qui passent
Lui qui rêvait de champs d’étoiles, de colliers de jonquilles
Pour accrocher aux épaules des filles
Mais le matin vous entraîne en courant vers vos habitudes
Et le soir, votre forêt d’antennes est branchée sur la solitude
Et que brille la lune pleine
Que souffle le vent du sud
Vous, vous n’entendez pas
Et moi, je vois passer vos chiens superbes aux yeux de glace
Portés sur des coussins que les maîtres embrassent
Pour s’effleurer la main, il faut des mots de passe
Pour s’effleurer la main
Répondez-moi
Répondez-moi
Mon cœur a peur de s’enliser dans aussi peu d’espace
Condamné au bruit des camions qui passent
Lui qui rêvait de champs d’étoiles et de pluies de jonquilles
Pour s’abriter aux épaules des filles
Mais la dernière des fées cherche sa baguette magique
Mon ami, le ruisseau dort dans une bouteille en plastique
Les saisons se sont arrêtées aux pieds des arbres synthétiques
Il n’y a plus que moi
Et moi, je vis dans ma maison sans balcon, sans toiture
Où y a même pas d’abeilles sur les pots de confiture
Y a même pas d’oiseaux, même pas la nature
C’est même pas une maison 
                                  

                   

  »Amsterdam »,  Jacques Brel 

Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui chantent
Les rêves qui les hantent
Au large d’Amsterdam
Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui dorment
Comme des oriflammes
Le long des berges mornes
Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui meurent
Pleins de bière et de drames
Aux premières lueurs
Mais dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs océanes
  Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui mangent
Sur des nappes trop blanches
Des poissons ruisselants
Ils vous montrent des dents
A croquer la fortune
A décroisser la lune
A bouffer des haubans
Et ça sent la morue
Jusque dans le cœur des frites
Que leurs grosses mains invitent
A revenir en plus
Puis se lèvent en riant
Dans un bruit de tempête
Referment leur braguette
Et sortent en rotant
  Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui dansent
En se frottant la panse
Sur la panse des femmes
Et ils tournent et ils dansent
Comme des soleils crachés
Dans le son déchiré
D’un accordéon rance
Ils se tordent le cou
Pour mieux s’entendre rire
Jusqu’à ce que tout à coup
L’accordéon expire
Alors le geste grave
Alors le regard fier
Ils ramènent leur batave
Jusqu’en pleine lumière
 Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui boivent
Et qui boivent et reboivent
Et qui reboivent encore
Ils boivent à la santé
Des putains d’Amsterdam
De Hambourg ou d’ailleurs
Enfin ils boivent aux dames
Qui leur donnent leur joli corps
Qui leur donnent leur vertu
Pour une pièce en or
Et quand ils ont bien bu
Se plantent le nez au ciel
Se mouchent dans les étoiles
Et ils pissent comme je pleure
Sur les femmes infidèles
Dans le port d’Amsterdam
Dans le port d’Amsterdam. 
                                   

                       

   »Au suivant »,  Jacques Brel 

Tout nu dans ma serviette qui me servait de pagne
J’avais le rouge au front et le savon à la main
Au suivant au suivant
J’avais juste vingt ans et nous étions cent vingt
A être le suivant de celui qu’on suivait
Au suivant au suivant
J’avais juste vingt ans et je me déniaisais
Au bordel ambulant d’une armée en campagne
Au suivant au suivant
  Moi j’aurais bien aimé un peu plus de tendresse
Ou alors un sourire ou bien avoir le temps
Mais au suivant au suivant
Ce ne fut pas Waterloo mais ce ne fut pas Arcole
Ce fut l’heure où l’on regrette d’avoir manqué l’école
Au suivant au suivant
Mais je jure que d’entendre cet adjudant de mes fesses
C’est des coups à vous faire des armées d’impuissants
Au suivant au suivant
   Je jure sur la tête de ma première vérole
Que cette voix depuis je l’entends tout le temps
Au suivant au suivant
Cette voix qui sentait l’ail et le mauvais alcool
C’est la voix des nations et c’est la voix du sang
Au suivant au suivant
Et depuis chaque femme à l’heure de succomber
Entre mes bras trop maigres semble me murmurer
Au suivant au suivant
  Tous les suivants du monde devraient se donner la main
Voilà ce que la nuit je crie dans mon délire
Au suivant au suivant
Et quand je ne délire pas j’en arrive à me dire
Qu’il est plus humiliant d’être suivi que suivant
Au suivant au suivant
Un jour je me ferai cul-de-jatte ou bonne sœur ou pendu
Enfin un de ces machins où je ne serai jamais plus
Le suivant le suivant 

     »Chanson sans paroles », Jacques Brel 

J’aurais aimé ma belle
T’écrire une chanson
Sur cette mélodie
Rencontrée une nuit
J’aurais aimé ma belle
Rien qu’au point d’Alençon
T’écrire un long poème
T’écrire un long  » je t’aime  »
Je t’aurais dit  » amour  »
Je t’aurais dit  » toujours  »
Mais de mille façons
Mais par mille détours
Je t’aurais dit  » partons  »
Je t’aurais dit  » brûlons
Brûlons de jour en jour
De saisons en saisons  »
Mais le temps que s’allume
L’idée sur le papier
Le temps de prendre une plume
Le temps de la tailler
Mais le temps de me dire
Comment vais-je l’écrire
Et le temps est venu
Où tu ne m’aimais plus
{2x} 
                                          

« J’en appelle », Jacques Brel 

J’en appelle aux maisons
Écrasées de lumière
J’en appelle aux amours
Que chantent les rivières
A l’éclatement bleu
Des matins de printemps
A la force jolie des filles
Qui ont vingt ans
A la fraicheur certaine
D’un vieux puit de désert
A l’étoile qu’attend
Le vieil homme qui se perd
Pour que monte de nous
Et plus fort qu’un désir
Le désir incroyable
De se vouloir construire
En se désirant faible
Et plutôt qu’orgueilleux
En se désirant lâche
Plutôt que monstrueux
  J’en appelle à ton rire
Que tu croques au soleil
J’en appelle à ton cri
À nul autre pareil
Au silence joyeux
Qui parle doucement
A ces mots que l’on dit
Rien qu’en se regardant
A la pesante main
De notre amour sincère
A nos vingt ans trouvés
À tout ce qu’ils espèrent
Pour que monte de nous
Et plus fort qu’un désir
Le désir incroyable
De se vouloir construire
En préférant plutôt
Que la gloire inutile
Et le bonheur profond
Et puis la joie tranquille
 J’en appelle aux maisons
Écrasées de lumière
J’en appelle à ton cri
À nul autre pareil. 

« La chanson des vieux amants », Jacques Brel   Bien sûr, nous eûmes des orages
Vingt ans d’amour, c’est l’amour fol
Mille fois tu pris ton bagage
Mille fois je pris mon envol
Et chaque meuble se souvient
Dans cette chambre sans berceau
Des éclats des vieilles tempêtes
Plus rien ne ressemblait à rien
Tu avais perdu le goût de l’eau
Et moi celui de la conquête
{Refrain:}
  
Mais mon amour
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l’aube claire jusqu’à la fin du jour
Je t’aime encore tu sais je t’aime
  Moi, je sais tous tes sortilèges
Tu sais tous mes envoûtements
Tu m’as gardé de pièges en pièges
Je t’ai perdue de temps en temps
Bien sûr tu pris quelques amants
Il fallait bien passer le temps
Il faut bien que le corps exulte
Finalement finalement
Il nous fallut bien du talent
Pour être vieux sans être adultes
{Refrain}
Oh, mon amour
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l’aube claire jusqu’à la fin du jour
Je t’aime encore, tu sais, je t’aime
Et plus le temps nous fait cortège
Et plus le temps nous fait tourment
Mais n’est-ce pas le pire piège
Que vivre en paix pour des amants
Bien sûr tu pleures un peu moins tôt
Je me déchire un peu plus tard
Nous protégeons moins nos mystères
On laisse moins faire le hasard
On se méfie du fil de l’eau
Mais c’est toujours la tendre guerre
{Refrain}
Oh, mon amour…
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l’aube claire jusqu’à la fin du jour
Je t’aime encore tu sais je t’aime. 
                                                       

  »Les fenêtres », J.Brel 

Les fenêtres nous guettent
Quand notre cœur s’arrête
En croisant Louisette
Pour qui brûlent nos chairs
Les fenêtres rigolent
Quand elles voient la frivole
Qui offre sa corolle
À un clerc de notaire
Les fenêtres sanglotent
Quand à l’aube falote
Un enterrement cahote
Jusqu’au vieux cimetière
Mais les fenêtres froncent
Leurs corniches de bronze
Quand elles voient les ronces
Envahir leur lumière
Les fenêtres murmurent
Quand tombent en chevelure
Les pluies de la froidure
Qui mouillent les adieux
Les fenêtres chantonnent
Quand se lève à l’automne
Le vent qui abandonne
Les rues aux amoureux
Les fenêtres se taisent
Quand l’hiver les apaise
Et que la neige épaisse
Vient leur fermer les yeux
Mais les fenêtres jacassent
Quand une femme passe
Qui habite l’impasse
Où passent les Messieurs
La fenêtre est un œuf
Quand elle est œil-de-bœuf
Qui attend comme un veuf
Au coin d’un escalier
La fenêtre bataille
Quand elle est soupirail
D’où le soldat mitraille
Avant de succomber
Les fenêtres musardent
Quand elles sont mansardes
Et abritent les hardes
D’un poète oublié
Mais les fenêtres gentilles
Se recouvrent de grilles
Si par malheur on crie
 » Vive la liberté  »
Les fenêtres surveillent
L’enfant qui s’émerveille
Dans un cercle de vieilles
A faire ses premiers pas
Les fenêtres sourient
Quand quinze ans trop jolis
Ou quinze ans trop grandis
S’offrent un premier repas
Les fenêtres menacent
Les fenêtres grimacent
Quand parfois j’ai l’audace
D’appeler an chat un chat
Les fenêtres me suivent
Me suivent et me poursuivent
Jusqu’à ce que peur s’ensuive
Tout au fond de mes draps
Les fenêtres souvent
Traitent impunément
De voyous des enfants
Qui cherchent qui aimer
Les fenêtres souvent
Soupçonnent ces manants
Qui dorment sur les bancs
Et parlent l’étranger
Les fenêtres souvent
Se ferment en riant
Se ferment en criant
Quand on y va chanter
Ah je n’ose pas penser
Qu’elles servent à voiler
Plus qu’à laisser entrer
La lumière de l’été
Non je préfère penser
Qu’une fenêtre fermée
Ça ne sert qu’à aider
Les amants à s’aimer
{2x} 
 
           » Ne me quitte pas »

 Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Moi je t’offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserai la terre
Jusqu’après ma mort
Pour couvrir ton corps
D’or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l’amour sera roi
Où l’amour sera loi
Où tu seras reine
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je t’inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants-là
Qui ont vu deux fois
Leurs cœurs s’embraser
Je te raconterai
L’histoire de ce roi
Mort de n’avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
On a vu souvent
Rejaillir le feu
D’un ancien volcan
Qu’on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu’un meilleur avril
Et quand vient le soir
Pour qu’un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s’épousent-ils pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Je ne vais plus pleurer
Je ne vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t’écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L’ombre de ton ombre
L’ombre de ta main
L’ombre de ton chien
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas.
 
    « Mathilde » 

Ma mère voici le temps venu
D’aller prier pour mon salut
Mathilde est revenue
Bougnat tu peux garder ton vin
Ce soir je boirai mon chagrin
Mathilde est revenue
Toi la servante toi la Maria
Vaudrait peut-être mieux changer nos draps
Mathilde est revenue
Mes amis ne me laissez pas
Ce soir je repars au combat
Maudite Mathilde puisque te v’là
Mon cœur mon cœur ne t’emballe pas
Fais comme si tu ne savais pas
Que la Mathilde est revenue
Mon cœur arrête de répéter
Qu’elle est plus belle qu’avant l’été
La Mathilde qui est revenue
Mon cœur arrête de bringuebaler
Souviens-toi qu’elle t’a déchiré
La Mathilde qui est revenue
Mes amis ne me laissez pas
Dites-moi dites-moi qu’il ne faut pas
Maudite Mathilde puisque te v’là
Et vous mes mains restez tranquilles
C’est un chien qui nous revient de la ville
Mathilde est revenue
Et vous mes mains ne frappez pas
Tout ça ne vous regarde pas
Mathilde est revenue
Et vous mes mains ne tremblez plus
Souvenez-vous quand je vous pleurais dessus
Mathilde est revenue
Vous mes mains ne vous ouvrez pas
Vous mes bras ne vous tendez pas
Sacrée Mathilde puisque te v’là
Ma mère arrête tes prières
Ton Jacques retourne en enfer
Mathilde m’est revenue
Bougnat apporte-nous du vin
Celui des noces et des festins
Mathilde m’est revenue
Toi la servante toi la Maria
Va tendre mon grand lit de draps
Mathilde m’est revenue
Amis ne comptez plus sur moi
Je crache au ciel encore une fois
Ma belle Mathilde puisque te v’là te v’là. 
     « Sous le vent » ,Garou et Céline Dion 

 

Garou:
Et si tu crois que j’ai eu peur
C’est faux
Je donne des vacances à mon cœur
Un peu de repos
Et si tu crois que j’ai eu tort
Attends
Respire un peu le souffle d’or
Qui me pousse en avant
Et…
Céline & Garou:

Fais comme si j’avais pris la mer
J’ai sorti la grand’voile
Et j’ai glissé sous le vent
Fais comme si je quittais la terre
J’ai trouvé mon étoile
Je l’ai suivie un instant
Sous le vent
Céline:

Et si tu crois que c’est fini
Jamais
C’est juste une pause, un répit
Après les dangersEt si tu crois que je t’oublie
Écoute
Ouvre ton corps aux vents de la nuit
Ferme les yeux
Et…
Céline & Garou:
Fais comme si j’avais pris la mer
J’ai sorti la grand’voile
Et j’ai glissé sous le vent
Fais comme si je quittais la terre
J’ai trouvé mon étoile
Je l’ai suivie un instant
Sous le vent
Garou:

Et si tu crois que c’est fini
Jamais
C’est juste une pause, un répit
Après les dangers
Céline & Garou:

Fais comme si j’avais pris la mer,
J’ai sorti la grand’voile,
Et j’ai glissé sous le vent
Fais comme si je quittais la terre,
J’ai trouvé mon étoile,
Je l’ai suivie un instant,
Sous le vent.
Fais comme si j’avais pris la mer,
J’ai sorti la grand’voile,
Et j’ai glissé sous le vent
Fais comme si je quittais la terre,
J’ai trouvé mon étoile,
Je l’ai suivie un instant, sous le vent.
Sous le vent… sous le vent….. 
                

                                        

  »Au bout de mon âge »,Jean Ferrat   Au bout de mon âge
Qu’aurais-je trouvé
Vivre est un village
Où j’ai mal rêvé
Je me sens pareil
Au premier lourdeau
Qu’encore émerveille
Le chant des oiseaux
Les gens de ma sorte
Il en est beaucoup
Savent-ils qu’ils portent
Une pierre au cou
Au bout de mon âge
Qu’aurais-je trouvé
Vivre est un village
Où j’ai mal rêvé
Pour eux les miroirs
C’est le plus souvent
Sans même s’y voir
Qu’ils passent devant
Ils n’ont pas le sens
De ce qu’est leur vie
C’est une innocence
Que je leur envie
Au bout de mon âge
Qu’aurais-je trouvé
Vivre est un village
Où j’ai mal rêvé
Tant pour le plaisir
Que la poésie
Je croyais choisir
Et j’étais choisi
Je me croyais libre
Sur un fil d’acier
Quand tout équilibre
Vient du balancier
Au bout de mon âge
Qu’aurais-je trouvé
Vivre est un village
Où j’ai mal rêvé
Il m’a fallu naître
Et mourir s’en suit
J’étais fait pour n’être
Que ce que je suis
Une saison d’homme
Entre deux marées
Quelque chose comme
Un chant égaré
Au bout de mon âge
Qu’aurais-je trouvé
Vivre est un village
Où j’ai mal rêvé. 

              »La montagne »  , Jean Ferrat

 Ils quittent un à un le pays
Pour s’en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné
Les vieux ça n’était pas original
Quand ils s’essuyaient machinal
D’un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre
Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?
Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu’au sommet de la colline
Qu’importent les jours les années
Ils avaient tous l’âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C’était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus que savoir en faire
S’il ne vous tournait pas la tête
Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?
Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l’autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n’y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s’en faire
Que l’heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l’on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones
Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ? 
                                

                                     

    »Un air de liberté » 

Les guerres du mensonge les guerres coloniales
C’est vous et vos pareils qui en êtes tuteurs
Quand vous les approuviez à longueur de journal
Votre plume signait trente années de malheur
La terre n’aime pas le sang ni les ordures
Agrippa d’Aubigné le disait en son temps
Votre cause déjà sentait la pourriture
Et c’est ce fumet-là que vous trouvez plaisant
Ah monsieur d’Ormesson
Vous osez déclarer
Qu’un air de liberté
Flottait sur Saïgon
Avant que cette ville s’appelle Ville Ho-Chi-Minh
Allongés sur les rails nous arrêtions les trains
Pour vous et vos pareils nous étions la vermine
Sur qui vos policiers pouvaient taper sans frein
Mais les rues résonnaient de paix en Indochine

Nous disions que la guerre était perdue d’avance
Et cent mille Français allaient mourir en vain
Contre un peuple luttant pour son indépendance
Oui vous avez un peu de ce sang sur les mains
Ah monsieur d’Ormesson
Vous osez déclarer
Qu’un air de liberté
Flottait sur Saïgon
Avant que cette ville s’appelle

Ville Ho-Chi-Minh
Après trente ans de feu de souffrance et de larmes
Des millions d’hectares de terre défoliés
Un génocide vain perpétré au Viêt-Nam
Quand le canon se tait vous vous continuez
Mais regardez-vous donc un matin dans la glace
Patron du Figaro songez à Beaumarchais
Il saute de sa tombe en faisant la grimace
Les maîtres ont encore une âme de valet. 

            « Bidon, Alain Souchon »

Elle croyait qu’j'étais James Dean
Américain d’origine
Le fils de Buffalo Bill
Alors admiration
Faut dire qu’j'avais la chemise à carreaux
La guitare derrière dans l’dos
Pour faire le cow-boy très beau
Mais composition
Elle me parlait anglais tout’l'temps
J’lui répondais deux trois mots bidon
Des trucs entendus dans des chansons
Consternation
Elle croyait qu’j'étais coureur
Qu’j'arrivais des Vingt-quatre heures
Avec mon casque en couleur
Alors admiration
J’lui disais drapeau à damiers dérapage bien contrôlé
Admirateurs fascinés
Télévision
Elle me dit partons à la mer, dans ton bolide fendons l’air
Elle passe pas l’quatre-vingts ma traction
Consternation
J’suis mal dans ma peau en coureur très beau
And I just go with my pince à vélo
J’suis bidon, j’suis bidon
Elle croyait qu’j'étais chanteur
Incognito voyageur
Tournées sonos filles en pleurs
Admiration
Faut dire qu’j'avais des talons aiguilles
Le manteau d’lapin d’une fille
Des micro-bracelets aux chevilles
Exhibition
Elle me dit chante moi une chanson
J’ai avalé deux trois maxitons
Puis j’ai bousillé  » Satisfaction  »
Consternation
J’suis mal dans ma peau en chanteur très beau
And I just go with my pince a vélo
J’suis bidon, j’suis bidon
J’suis qu’un mec à frime bourré d’aspirine
And I just go with my pince à vélo
J’suis bidon, j’suis bidon 
         « Jamais content », A. Souchon 

 Elle me dit que je pleure tout le temps,
Que je suis comme un tout p’tit enfant
Qu’aime plus ses jeux, sa vie, sa maman.
Elle dit que je pleure tout le temps,
Que je suis carrément mé’chant, jamais content,
Carrément méchant, jamais content.
Déjà mes parents, dans le temps,
Voulaient que j’aille faire le charmant
Chez des amis de mon grand-père,
Des pharmaciens, des notaires
Qui me trouvaient carrément vulgaire, très ordinaire,
Carrément vulgaire, très ordinaire.
Puis on m’a enrôlé d’office,
A Pau, dans les parachutistes.
Ils voulaient que je tombe des avions
Accroché à un champignon.
Je leur ai carrément dit « Non ! Pas beau, l’avion ! »,
Carrément dit « Non ! Pas beau, l’avion ! ».
Je me suis sauvé en Angleterre.
Je faisais le frenchman, super lover.
J’me teignais les cheveux, les sourcils
Pour être plus brun, pour faire viril.
Carrément débile, j’trouve pas mon style. {2x}
J’ai chopé la mélancolie
En faisant des chansons sur mon lit,
Une commande pour chanteur pas bien.
Fallait que j’dise France Américain.
Ça m’a carrément miné, tout dégoûté,
Carrément miné, tout dégoûté.
Promoteurs, ils voulaient, canailles,
Que je fasse dessous de table, homme de paille,
Construire des tours de carton bleu
Pour que les petits garçons mettent leurs jeux.
J’y ai carrément mis le feu : bien fait pour eux !
Carrément mis le feu : bien fait pour eux !
Elle me dit que je pleure tout le temps,
Que je suis comme un tout p’tit enfant
Qu’aime plus ses jeux, sa vie, sa maman.
Elle dit que je pleure tout le temps,
Que je suis carrément mé’chant, jamais content,
Carrément méchant, jamais content. 
           

                                                

 « Poullaier’s Song », A.Souchon 

Dans les poulaillers d’acajou,
Les belles basses-cours à bijoux,
On entend la conversation
D’la volaille qui fait l’opinion.
Ils disent :
« On peut pas être gentils tout le temps.
On peut pas aimer tous les gens.
Y a une sélection. C’est normal.
On lit pas tous le même journal,
Mais comprenez-moi : c’est une migraine,
Tous ces campeurs sous mes persiennes.
Mais comprenez-moi : c’est dur à voir.
Quels sont ces gens sur mon plongeoir ? »
{Refrain}
« On peut pas aimer tout Paris.
N’est-ce pas y a des endroits la nuit
Où les peaux qui vous font la peau
Sont plus bronzées que nos p’tits poulbots ?
Mais comprenez-moi : la djellaba,
C’est pas ce qui faut sous nos climats.
Mais comprenez-moi : à Rochechouart,
Y a des taxis qui ont peur du noir. »
{Refrain}
« Que font ces jeunes, assis par terre,
Habillés comme des traîne-misère.
On dirait qu’ils n’aiment pas le travail.
Ça nous prépare une belle pagaille.
Mais comprenez-moi : c’est inquiétant.
Nous vivons des temps décadents.
Mais comprenez-moi : le respect se perd
Dans les usines de mon grand-père. »
Mais comprenez-moi…
 




Le tourisme

13122008

« Le tourisme s’est imposé comme l’un des principaux secteurs économiques. Les recettes qu’il engendre sont du même ordre que celles du secteur pétrolier ou de l’aéronautique (environ 475 milliards de dollars). D’après le World Travel and Tourism Council (WTTC), qui rassemble les professionnels du secteur, le tourisme représente 10% du PIB mondial et plus de 10% des investissements ou des recettes fiscales des Etats. Enfin, il ferait vivre près de 200 millions de personnes à travers le monde, soit près de 8% de l’emploi mondial.  Dans certains pays (Bahamas, les îles Maldives) il représente même plus de la moitié de la population active. C’est ainsi que certains parlent du tourisme comme d’une « industrie lourde de services», d’autant que l’offre ne cesse de se diversifier avec le développement récent d’un tourisme culturel (découverte du patrimoine artistique, historique, architectural, fréquentation de festivals…),ludique (golf, parcs de loisirs, casinos…), sportif,etc. 

 Pour près de 50 pays en voie de développement, ce secteur constitue la principale source de devises. Aussi la plupart des pays se sont-ils ouverts ces dernières années aux touristes. Cependant, l’essentiel des recettes réalisées par le tourisme bénéficie aux pays industrialisés d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie. A peine 2% sont réalisées par l’Afrique. De plus, les retombées ne profitent qu’en partie aux économies locales: une grande partie des recettes réalisées grâce au tourisme sert au final à financer les importations des biens et services indispensables aux touristes ou est rapatriée par les multinationales du secteur. Source d’inflation, le tourisme peut par ailleurs pénaliser les populations locales. Outre les risques qu’il fait peser sur l’environnement du fait de la surexploitation des ressources naturelles, il peut être perçu comme un danger pour les cultures locales. Certains parlent même de néocolonialisme ou d’impérialisme culturel,  d’autres dénoncent la «tourisfication» et, par là, la part excessive accordée à ce secteur.  La prise de conscience de ces effets nuisibles a donné lieu au cours de ces dernières années à l’apparition de nouvelles formes de tourisme: écotourisme, tourisme durable, tourisme responsable, etc. Mais d’après les chiffres disponibles, ces nouvelles pratiques représenteraient moins de 3% des recettes engendrées par l’ensemble de l’industrie touristique. Il reste que pour les sciences sociales et humaines, l’approche purement économique du tourisme -alors favorisée par la prise de conscience de l’importance de son poids économique et financier – tend à être équilibrée par d’autres approches, qui resituent le tourisme dans ses différentes dimensions, culturelle, géographique, anthropologique, historique (. . .). 

                                                            D’après Sciences Humaines n° 150- Juin 2004,  Sylvain Allemand. 




Une civilisation matérielle.

13122008

 

Les hommes de notre époque prétendent accroître leur « bien-être » ; nous pensons , pour notre part, que le but qu’ils se proposent ainsi, même s’il était atteint réellement , ne vaut  qu’on y consacre tant d’efforts ; mais, de plus il nous semble très contestable qu’il soit atteint .Tout d’abord, il faudrait tenir compte du fait que tous les hommes n’ont pas les mêmes goûts ni les mêmes besoins , qu’il en est encore malgré tout qui voudraient échapper à l’agitation moderne , à la folie de la vitesse , et qui ne le peuvent plus ; osera-t-on soutenir que , pour ceux-là, ce soit un « bien-fait » que de leur imposer ce qui est le plus contraire à leur nature ? On dira que ces hommes sont peu nombreux aujourd’hui, et on se croira autorisé par là à les tenir pour quantité négligeable ; là, comme dans le domaine politique, la majorité s’arroge le droit d’écraser les minorités, qui, à ses yeux, ont évidemment tort d’exister, puisque cette existence, même va à l’encontre de la manie « égalitaire » de l’uniformité. Mais, si l’on considère l’ensemble de l’humanité au lieu de se borner au monde occidental, la question change d’aspect : la majorité de tout de tout à l’heure ne va-t-elle pas devenir une minorité ? Aussi n’est-ce plus le même argument qu’on fait valoir dans ce cas , et , par une étrange contradiction, c’est au nom de leur « supériorité » que ces « égalitaires » veulent imposer leur civilisation au reste du monde, et qu’ils vont porter le trouble chez les gens qui ne leur demandaient rien ; et , comme cette « supériorité » n’existe qu’au point de vue matériel, il est tout naturel qu’elle s’impose par les moyens les plus brutaux (…) 

Quelle singulière époque que celle où tant d’hommes se laissent persuader qu’on fait le bonheur d’un peuple en l’asservissant, en lui enlevant ce qu’il a de plus précieux, c’est-à-dire sa propre civilisation, en l’obligeant à adopter des mœurs et des institutions qui sont faites pour une autre race, et en l’astreignant aux travaux les plus pénibles pour lui faire acquérir des choses qui lui sont de la plus parfaite inutilité ! Car c’est ainsi : l’Occident moderne ne peut tolérer que des hommes préfèrent travailler moins et se contenter  de peu pour vivre ; comme la quantité seule compte, et comme ce qui ne tombe pas sous le sens est d’ailleurs tenu pour inexistant, il est admis que celui qui ne s’agite pas et qui ne produit pas matériellement ne peut être qu’un « paresseux » : sans même parler à cet égard des appréciations portées couramment sur les peuples orientaux (…) Dans un tel monde , il n’y a plus aucune place pour l’intelligence ni pour ce qui est intérieur , car ce sont là des choses qui ne se voient ni ne se touchent, qui ne se comptent ni ne se pèsent : il n’y a de place que pour l’action extérieure sous toutes ses formes, y compris les plus dépourvues de signification .Aussi ne faut-il pas s’étonner que la manie anglo-saxonne du « sport » gagne chaque jour du terrain : l’idéal de ce monde, c’est l’ « animal humain » qui a développé au maximum sa force musculaire ; ses héros, ce sont les athlètes, fussent-ils des brutes ; ce sont ceux-là qui suscitent l’enthousiasme populaire, c’est pour leurs exploits que les foules se passionnent ; un monde où l’on voit de telles choses est vraiment tombé bien bas et semble bien près de sa fin . 

Cependant, plaçons-nous un instant au point de vue de ceux qui mettent leur idéal dans le « bien-être » matériel, et qui, à ce titre, se réjouissent de toutes les améliorations apportées à l’existence par le « progrès » moderne : sont-ils bien sûrs de ne pas être dupes ? Est-il vrai que les hommes soient plus heureux aujourd’hui qu’autrefois, parce qu’ils disposent de moyens de communication  plus rapides ou d’autres choses de ce genre, parce qu’ils ont une vie agitée et plus compliquée ? Il nous semble que c’est tout le contraire : le déséquilibre ne peut être la condition d’un véritable bonheur.

 

 

 

                                                                  René Guénon, La crise du monde moderne, Gallimard, 1946. 




Langue française: sens propre, sens figuré

29112008

Emploi d’un mot au sens propre:   emploi au sens simple et courant.

 Il s’est marié en bleu : habillé de bleu

 Emploi d’un mot au sens figuré : on passe d’une image concrète à des relations abstraites: 

   Ne signez jamais un chèque en blanc  : un chèque non rempli.

Le sens propre, ou sens premier, correspond souvent au sens étymologique mais ce n’est pas toujours le cas. On distingue alors le sens étymologique, le sens propre et le ou les sens figurés d’un mot.

Un mot a généralement plusieurs sens figurés:

Prenons le mot « opération », son sens changera selon qu’il sera employé par un chirurgien, un mathématicien ou un militaire…

 Le chirurgien a programmé l’opération pour le mois prochain.

 L’addition, la soustraction, la multiplication et la division sont les quatre opérations que tout élève doit maîtriser .

 En vendant son terrain, il a fait une mauvaise opération.

Tous les hommes de la garnison sont partis en opération.

Le passage du sens propre au sens figuré : 

Il n’est pas toujours facile de dire quel est le sens propre ou sens premier d’un mot polysémique. En effet, nous utilisons généralement l’un ou l’autre sens comme s’il s’agissait de deux mots différents, offrant des sens distincts.

Pourtant, le passage du sens propre aux sens figurés forme de logique ui repose essentiellement sur la ressemblance, l’analogie (métaphore) ou la proximité (métonymie) entre le sens propre et le sens figuré créé.

Un mot peut prendre des sens figurés- par passage du concret à l’abstrait

    Une peinture à l’huile ; avoir une passion pour la peinture (= en tant qu’art)

- par passage de l’abstrait au concret: la politesse ; faire des politesses à quelqu’un

- par analogie, ressemblance la feuille d’un arbre ; une feuille de papier

- Par passage du contenant au contenu un verre à thé ; boire un verre

Par passage de la matière à l’objet fabriqué: le fer ;  croiser le fer (se battre à l’épée)

- Par passage du collectif au contenant: le collège électoral ;  bâtir un collège

- Par extension de sens  un village de cinq cents âmes (= les habitants)

- Par passage de l’individuel au collectif  un homme ; les droits de l’homme

- Par restriction de sens  »fortune » désignait à l’origine le «sort »et ce qu’il peut apporter d’heureux ou de malheureux; ce mot s’emploie aujourd’hui pour qualifier une série d’éléments dus à la chance, ou un ensemble de richesses.

  Par usure (vieillisement) du mot: « Gêner », a lontemps signifié «torturer» avant de prendre le sens actuel de «mettre mal à l’aise».

 Du sens propre au sens figuré

  Beaucoup d’expressions figées sont formées au moyen de mots pris au sens figuré. Toutes sont imagées, certaines poétiques, d’autres familières. Le corps humain, avec ses différentes parties, est par exemple une source inépuisable de formation d’expressions…    

 La tête:   

 la tête du client : comportement qui varie selon l’apparence des personnes. 

Agir à tête reposée: agir après e temps de la réflexion. 

Agir sur un coup de tête : agir de façon irréfléchie, sur une impulsion.  Avoir la grosse tête : avoir des prétentions. Avoir la tête ailleurs : penser à autre chose, être distrait; avoir la tête dans les nuages.  Avoir la tête dure : être borné ou buté Avoir la tête fêlée : être un peu fou  Avoir la tête près du bonnet : être colérique   Avoir la tête sur les épaules : être sensé, raisonnable  Avoir la tête vide : ne plus pouvoir réfléchir  Avoir ses têtes : ne montrer de sympathie qu’à certaines personnes  

Avoir toute sa tête : être lucide   Avoir une bonne tête : inspirer confiance  Avoir une idée derrière la tête : avoir une intention cachée  Avoir une tête à claques : inspirer un sentiment d’agacement  Avoir une tête de bois : être borné ou buté  Casser la tête à quelqu’un : le fatiguer par ses paroles, son agitation  Chercher des poux dans la tête : chercher querelle  Crier à tue-tête : crier d’une voix si forte qu’elle étourdit  En avoir par-dessus la tête : être excédé  

En mettre sa tête à couper : être absolument certain de quelque chose  En mettre sa tête sur le billot : être à l’aise, avoir l’esprit libre  Être bien dans sa tête : être à l’aise, avoir l’esprit libre  Être en tète à tête : être seul à seul, face à face  Être tête en l’air : être distrait, étourdi  Être un homme de tête : un homme qui a du bon sens  

Être une forte tête : une personne qui s’oppose aux autres et fait ce qu’elle veut 

Être une tête : avoir de grandes capacités intellectuelles ou de grandes connaissances  

Être une tête brûlée : être une personne dangereusement aventureuse.  

Faire dresser les cheveux sur la tête : inspirer un sentiment d’horreur, effrayer   Faire la tête : bouder  Faire sa tête de cochon : être têtu, buté  Faire tourner la tête : griser, enivrer par des paroles  Faire une drôle de tête : avoir un air anormal, bizarre   Faire une tête au carré : frapper quelqu’un, le rouer de coups  Faire une tête d’enterrement : avoir un visage triste  Faire une tête de circonstance : être grave et triste  Faire une tête de six pieds de long : montrer un visage triste, maussade   Foncer tête baissée : agir sans prendre le temps de réfléchir  

Garder la tête froide : ne pas s’affoler, rester calme  Jurer sur la tête de quelqu’un : promettre solennellement  Mettre du plomb dans la tête : faire réfléchir, rendre raisonnable   Mettre quelque chose dans la tête de quelqu’un : le persuader avec difficulté   N’avoir plus sa tête à soi : ne plus avoir tout son bon sens  N’avoir rien dans la tête : n’avoir ni idées, ni jugement.  N’en faire qu’à sa tête : agir selon sa seule fantaisie   Ne pas avoir de tête : être écervelé  Ne savoir où donner de la tête : avoir trop d’occupations, se démener  Partir la tête basse : avoir honte   Partir la tête haute : avec dignité, sans honte   Perdre la tête : devenir fou   Piquer une  tête : plonger la tête la première  

Plier, courber la tête : se soumettre 

Prendre la tête (se) : (se) tracasser 

Risquer sa tête : se trouver dans une situation périlleuse 

Sans queue ni tête: sans aucun sens 

Se casser la tête : se fatiguer à, se tracasser 

Se creuser la tête : faire un grand effort de réflexion, de mémoire 

Se jeter à la tête de quelqu’un : faire des avances 

Se mettre martel en tête : se faire du souci 

Se mettre quelque chose dans la tête : comprendre et retenir quelque chose, se persuader 

Se monter la tête : s’exciter 

Se payer la tête de quelqu’un : se moquer de quelqu’un 

Se taper la tête contre les murs : se désespérer 

Servir de tête de turc : être en but aux moqueries 

Tenir tête : opposer une résistance 

Tête d’œuf : intellectuel (péjoratif); abruti  

Tête de cochon : personne entêtée, terme d’injure ( Tête de lard , Tête de mule ,Tête de pioche ).  Tomber sur la tête : déraisonner.  L’oeil, les yeux: À l’œil : gratuitement  

À vue d’œil : approximativement, de façon évidente 

Accepter quelque chose les yeux fermés : en toute confiance, sans vérification 

Avoir bon pied bon œil : avoir une allure vive et alerte 

Avoir de la merde dans les yeux : ne pas voir une chose évidente 

A voir des yeux dans le dos : tout percevoir, être très vigilant 

Avoir l’oeil à tout : veiller à tout 

Avoir le compas dans l’œil : juger à vue d’oeil, avec une grande précision  

Avoir le coup d’œil : l’art d’observer rapidement et exactement 

Avoir les yeux en face des trous : avoir une vision nette 

Avoir les yeux plus gros que le ventre : prendre plus de nourriture qu’on ne peut en manger 

Avoir un oeil au beurre noir : avoir un oeil marqué de noir, un hématome du fait d’une contusion 

Avoir un oeil de lynx : avoir une vue perçante 

Avoir un oeil qui joue au billard et l’autre qui compte les points : loucher 

Avoir un oeil qui dit merde à l’autre : loucher 

Avoir, tenir quelqu’un à l’œil : surveiller quelqu’un sans relâche  

Coûter les yeux de la tête : être hors de prix, très cher 

Couver des yeux : regarder avec un intérêt passionné 

Crever les yeux : être évident 

Être obéi au doigt et à l’oeil : exactement, ponctuellement 

Être  tout yeux, tout oreilles : regarder, écouter très attentivement 

Faire des yeux de merlan frit : lever les yeux au ciel, en ne montrant que le blanc 

Faire les gros yeux : regarder d’un air mécontent, sévère 

Faire les yeux doux : regarder tendrement, amoureusement  

Faire quelque chose pour les beaux yeux de quelqu’un : uniquement pour faire plaisir, sans y avoir d’intérêt 

Fermer les yeux sur quelque chose : se refuser à voir; faire comme si on n’avait pas vu 

Frais comme l’œil : dispos, en excellente condition physique 

Jeter de la poudre aux yeux : chercher à éblouir, souvent par de fausses apparences 

Jeter un coup d’œil : parcourir d’un regard rapide 

L ‘oeil du maître : la surveillance attentive du propriétaire  

Le mauvais œil : regard auquel on attribue la propriété de porter malheur 

Manger, dévorer des yeux : regarder avec convoitise  

Mon oeil! : se dit pour marquer l’incrédulité, le refus 

N’avoir d’yeux que pour quelqu’un : ne voir qu’une personne, ne s’intéresser qu’a elle 

N’avoir plus que ses yeux pour pleurer : avoir tout perdu 

Ne dormir que d’un œil : en conservant son attention éveillée 

Ne pas avoir les yeux dans sa poche : ne pas manquer d’observer ce qui pourrait échapper à quelqu’un de moins attentif 

Ne pas avoir les yeux   en face des trous : être audacieux, décidé avoir du mal à admettre l’évidence ne pas dormir 

Ne pas avoir froid aux yeux : être audacieux, décidé 

Ne pas en croire ses yeux  : avoir du mal à admettre l’évidence  

Ne pas fermer l’oeil de la nuit : ne pas dormir 

Ouvrir l’oeil (et le bon) : être attentif, vigilant 

Ouvrir les yeux à quelqu’un sur quelque chose : lui montrer ce qu’il se refusait à voir, lui révéler 

Regarder quelqu’un dans le blanc des yeux : regarder quelqu’un bien en face 

S’arracher les yeux  : se disputer violemment 

Sauter aux yeux  :  frapper par son évidence 

Se battre l’oeil de quelque chose : se montrer indifférent à qqch, s’en moquer 

Se mettre le doigt dans l’oeil : se tromper grossièrement 

Se rincer l’oeil  : regarder avec plaisir, faire du voyeurisme 

Sortir par les yeux  : ne plus être supportable 

Taper dans l’oeil de quelqu’un : plaire vivement et immédiatement à quelqu’un 

Tenir à une chose comme à la prunelle de ses yeux  : y tenir beaucoup 

Tourner de l’oeil : perdre connaissance, s’évanouir 

Valoir le coup d’oeil  : valoir le détour 

Voir quelque chose d’un bon œil : marquer de la bienveillance, de la satisfaction  

Voir quelque chose d’un mauvais œil : marquer du déplaisir, de la désapprobation. 

La bouche: 

Avoir l’eau à la bouche : être mis en appétit, désirer 

Avoir l’injure à la bouche : être toujours prêt à dire des injures 

Avoir plein la bouche de quelque chose : en parler continuellement et avec enthousiasme 

Avoir toujours un même mot à la bouche : se répéter constamment, parler toujours du même sujet 

De bouche à oreille : sans publicité, confidentiellement 

Enlever le pain de la bouche à quelqu’un : le priver de sa subsistance 

Être bouche bée devant quelqu’un :l’admirer sans réserve 

Faire du bouche-à-bouche : effectuer un procédé de respiration artificielle  

Faire la fine bouche : faire le difficile 

Garder quelque chose pour la bonne bouche : garder le meilleur pour la fin 

Parler par la bouche de quelqu’un : faire de quelqu’un son porte-parole 

Paroles, nouvelles qui circulent  de bouche en bouche : qui se transmettent d’une personne à une autre 

Rester sur la bonne bouche : rester sur une bonne impression 

S’enlever les morceaux de la bouche : se priver de nourriture, du nécessaire au profit de quelqu’un. 

Tourner sept fois sa langue dans sa bouche : réfléchir avant de parler 

Une bouche inutile : une personne que l’on doit nourrir et qui ne rapporte rien . Une fine bouche : un gourmet. 

L’oreille, les oreilles:  

Avoir de l’oreille : avoir l’ouïe fine et juste (en musique) 

Avoir l’oreille de quelqu’un : en être écouté  

Avoir l’oreille fine : avoir une grande acuité auditive 

Avoir les oreilles qui sifflent : se dit de quelqu’un dont on a beaucoup parlé pendant son absence 

Avoir quelque chose entre les oreilles : montrer de l’intelligence 

Casser les oreilles : faire trop de bruit 

Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd: se dit de paroles qui ont été mises à profit 

Dire quelque chose dans le creux de l’oreille : dire un secret, à voix basse 

Dormir sur ses deux oreilles : être confiant, ne pas s’inquiéter 

Dresser l’oreille : écouter attentivement, diriger son attention  

Échauffer les oreilles de quelqu’un : fâcher, énerver quelqu’un 

Être dur d’oreille : être un peu sourd 

Être tout oreilles : écouter avec la plus grande attention 

Faire la sourde oreille : feindre de ne pas entendre, d’ignorer une demande 

Mettre la puce à l’oreille : intriguer, éveiller des doutes, des soupçons 

Montrer le bout de l’oreille : se trahir 

N’écouter que d’une oreille : être inattentif  

Ne pas en croire ses oreilles : avoir du mal à admettre quelque chose 

Ne pas l’entendre de cette oreille : ne pas être d’accord, refuser une proposition, une suggestion 

Prêter l’oreille : essayer d’entendre, écouter avec attention 

Prêter une oreille attentive à quelque chose : écouter avec intérêt, attention 

Rabattre  les oreilles à quelqu’un de quelque chose : répéter sans cesse quelque chose à quelqu’un 

Rentrer par une oreille et sortir par l’autre : se dit d’un message que l’on ne retient pas, auquel on ne prête pas attention 

Rougir jusqu’aux oreilles : rougir fortement 

S’en aller l’oreille basse : partir, s’en aller confus, honteux, humilié 

Se faire tirer l’oreille : se faire prier, ne pas céder aisément  

Se faire tirer les oreilles : se faire réprimande 

Le nez :  

A plein nez : très fort (se dit d’une odeur) 

A vue de nez : d’après une première estimation, approximativement 

Au nez de quelqu’un : devant lui, sans se cacher 

Au nez et à la barbe de quelqu’un : devant lui, en dépit de sa présence 

Avoir du nez, le nez creux : avoir du flair, de la perspicacité 

Avoir le nez qui remue : mentir 

Avoir le nez sur quelque chose : être tout près 

Avoir quelqu’un dans le nez : détester quelqu’un  

Avoir un verre dans le nez : être un peu ivre 

Baisser le nez : baisser la tête, en signe de honte, de dépit 

Claquer la porte au nez de quelqu’un : congédier; rebuter avec brusquerie 

Faire un long nez, un drôle de nez : faire une moue de déception, de dépit.  

Faire un pied de nez à quelqu’un : geste de dérision qui consiste à étendre la main, doigts écartés, en appuyant le pouce sur son nez 

Gagner les doigts dans le nez : gagner aisément, sans aucune difficulté 

La moutarde lui monte au nez : l’impatience, la colère le gagne 

Le nez en l’air, au vent : traîner, flâner la tête levée  

Mener quelqu’un par le bout du nez : mener une personne à sa guise 

Mettre (fourrer) son nez dans les affaires d’autrui : les examiner, s’en mêler indiscrètement 

Mettre à quelqu’un le nez dans son caca : forcer quelqu’un à reconnaître ses torts, en lui infligeant une humiliation 

Mettre le nez dehors : sortir 

Montrer (le bout de) son nez : se montrer à peine, apparaître 

Ne pas voir plus loin que le bout de son nez : manquer de prévoyance 

Parler du nez : parler comme si on avait le nez bouché 

Passer sous le nez de quelqu’un : lui échapper après avoir semblé être à sa portée  

Pendre au nez de quelqu’un : se dit d’un événement sur le point d’arriver 

Piquer du nez : s’endormir en laissant tomber sa tête en avant 

Regarder quelqu’un sous le nez : examiner avec indiscrétion 

Retomber sur le nez de quelqu’un : rejaillir sur lui 

Rire au nez de quelqu’un : se moquer ouvertement de quelqu’un 

Se bouffer le nez : se disputer violemment 

Se casser le nez : échouer 

Se casser le nez à la porte de quelqu’un : trouver porte close 

Se noircir le nez : s’enivrer 

Se piquer le nez : s’enivrer 

Se trouver nez à nez avec quelqu’un : rencontrer à l’improviste 

Se voir comme le nez au milieu de la figure : être évident  

Tirer les vers du nez à quelqu’un : faire parler, questionner habilement 

La dent, les dents :  

Accepter du bout des dents : avec réticence, à contrecoeur 

Avoir la dent : avoir faim (familier) 

Avoir la dent dure : être très sévère, dur dans la critique 

Avoir les dents du fond qui baignent : être soûl; avoir envie de vomir 

Avoir les dents longues, qui rayent le parquet : être avide, avoir de grandes ambitions  

Avoir, garder une dent contre quelqu’un : éprouver de la rancune, du ressentiment à son égard 

Claquer des dents : avoir froid 

Coup de dent : critique acerbe 

Croquer, dévorer, mordre à belles dents : de bon appétit, avec avidité 

Déchirer quelqu’un à belles dents : calomnier, critiquer violemment quelqu’un 

Être armé jusqu’aux dents : être très bien armé  

Être sur les dents : être sur le qui-vive; très occupé, surmené 

Grincer des dents : ressentir de la douleur, montrer de l’agacement  

Manger du bout des dents : sans appétit 

Mentir comme un arracheur de dents : mentir effrontément, continuellement avoir une attitude menaçante 

Montrer les dents à quelqu’un : avoir une attitude menaçante. 

N’avoir rien à se mettre sous la dent : n’avoir rien à manger 

Ne pas desserrer les dents : se taire obstinément 

Parler entre ses dents : parler peu distinctement, sans ouvrir la bouche 

Prendre le mors aux dents : se mettre soudainement et avec énergie à un travail 

Se casser les dents sur quelque chose : échouer en raison d’une difficulté, d’une résistance 

Se faire les dents : s’entraîner, s’aguerrir  

Serrer les dents : s’apprêter à un dur effort, supporter une chose désagréable sans broncher

La langue: 


Avoir avalé sa langue : rester obstinément silencieux  

Avoir la langue bien pendue : parler facilement, être bavard 

Avoir perdu sa langue : ne pas répondre quand on est interrogé 

Avoir un boeuf sur la langue : garder un silence obstiné, être empêché de perler 

Avoir un cheveu sur la langue : zézayer 

Avoir un mot sur le bout de la langue : ne pas trouver un mot tout en étant sûr de le connaître 

Délier la langue de quelqu’un : le faire parler 

Donner sa langue au chat : s’avouer incapable de trouver une solution à un problème posé. 

Être une méchante, une mauvaise langue : ne pas hésiter à médire, à calomnier une mauvaise langue (Être une langue de vipère) 

La langue lui a fourché : il a prononcé un mot au lieu d’un autre, par méprise 

Ne pas avoir la langue dans sa poche : parler avec facilité et, notamment, répliquer 

Ne pas savoir tenir sa langue : ne pas savoir se taire quand il le faudrait 

Prendre langue avec quelqu’un : prendre contact en vue d’un entretien 

Se mordre la langue : se retenir de parler, ou se repentir d’avoir parlé 

Tirer la langue : avoir soif; être dans le besoin, désirer ardemment quelque chose sans obtenir satisfaction 

(Re)Tenir sa langue Tirer la langue : s’empêcher de parler, par prudence ou discrétion  

Tourner sept fois sa langue dans sa bouche : réfléchir avant de parler  Le bras, les bras:  

Avoir le bras long : avoir du crédit, des relations influentes 

Avoir quelqu’un ou quelque chose sur les bras : en être chargé, embarrassé 

Avoir un bras de fer : montrer une grande autorité, une volonté inflexible 

Être le bras droit de quelqu’un : être son principal agent d’exécution 

En bras de chemise : sans veston, en tenue négligée  

Être le bras armé de quelqu’un (quelque chose) : être l’exécutant 

Baisser les bras : renoncer à poursuivre (une action) 

Couper bras et jambes à quelqu’un : enlever les moyens d’action, paralyser d’étonnement, décourager 

Faire un bras d’honneur : faire un geste injurieux 

Frapper à tour de bras : de toute la force du bras 

Jouer les gros bras : jouer les durs 

Les bras m’en tombent : je suis stupéfait 

Lever les bras au ciel : prendre le ciel à témoin  

Recevoir quelqu’un a bras ouverts : l’accueillir avec effusion, empressement 

Rester les bras ballants : rester sans rien faire, se montrer passif 

Rester les bras croisés : attendre sans réagir 

S’endormir dans les bras du Seigneur : mourir 

Se jeter dans les bras de quelqu’un : faire des avances, se donner hâtivement 

Se réfugier dans les bras de quelqu’un : se mettre sous sa protection 

Tendre, ouvrir les bras à quelqu’un : lui porter secours, lui pardonner 

Tenir à bout de bras : en déployant de grands efforts, sans aide  

Tomber à bras raccourcis sur quelqu’un : agresser, frapper avec la plus grande violence 

Une partie de bras de fer : une épreuve de force.                                                                                             

La main, les mains: 

 À la main de quelqu’un : à la portée de quelqu’un À mains nues : sans protection Applaudir des deux mains  : approuver entièrement Arriver les mains vide : se présenter sans rien à offrir  Avoir bien en main quelqu’un, quelque chose : exercer une autorité incontestée sur quelqu’un, quelque chose, être le maître de quelque chose Avoir des mains de beurre : laisser tout échapper, être maladroit Avoir des mains en or : être très adroit, très habile Avoir la haute main dans une affaire : y avoir l’autorité, la part prépondérante  Avoir la main baladeuse : se permettre des attouchements impudiques Avoir la main heureuse : réussir dans ce que l’on entreprend Avoir la main malheureuse : échouer dans ce que l’on entreprend  Avoir la main leste : être prompt à frapper, à gifler Avoir la main lourde : châtier sévèrement; mesurer, peser, verser en trop grande abondance, en quantité excessive.      




Langue française : les gallicismes ou expressions idiomatiques françaises

29112008

             

Chaque langue présente des particularités, soit dans l’emploi des mots, soit dans la manière de les arranger, qui la distinguent de toutes les autres. Ces locutions particulières s’appellent idiotismes.
 Les idiotismes de la langue française s’appellent « gallicismes », comme ceux du latin appelés latinismes, ceux de l’anglais anglicismes ou ceux de l’allemand germanismes. Le gallicisme est une façon de s’exprimer particulière au français, laquelle peut se trouver:
  

  • dans le sens d’un mot simple;   
  • dans l’association de plusieurs mots.   

En apprendre de belles : des choses scandaleuses.   S’en donner à cœur joie : prendre un très grand plaisir à faire quelque chose.   

Avoir une faim de loup : avoir une très grosse faim.   Avoir l’estomac dans les talons : avoir une faim de loup    

Avoir un petit creux : expression populaire qui signifie « avoir un peu faim ».    Claquer du bec, danser devant le buffet, crever de faim : n’avoir rien à manger   Etre à cheval sur les principes : ne pas accepter que les principes usuels de savoir-vivre soient transgressés.
Etre muet comme une carpe : ne rien répéter de ce qu’on nous dit ; être capable de garder un secret.
Etre bavard comme une pie : parler beaucoup et souvent sans rien dire d’important.   

Etre fier comme un paon : être très fier et, parfois, quelque peu hautain et méprisant vis-à-vis des autres.
Etre le dindon de la farce : être victime d’une plaisanterie de mauvais goût.  

Etre le (un) pigeon : être victime d’une affaire malhonnête.   Revenir de loin : avoir échappé à un grand danger, à une maladie, à un accident, etc.
Il y a anguille sous roche : il y a quelque chose qu’on nous cache mais que l’on pressent d’après certains indices.   

Repousser aux calendes grecques : à une date qui n’aura jamais lieu ; la chose dont on parle ne se fera jamais.
Avaler une couleuvre (ou faire avaler…) : croire – souvent naïvement – que ce que l’on nous dit est vrai, alors qu’il s’agit en fait d’un artifice pour obtenir quelque chose de notre part sans contrepartie.
Un travail de fourmi (exécuter un travail…) : exécuter un travail nécessitant à la fois beaucoup de temps et de minutie.
Etre lent comme une tortue : exécuter un travail de manière anormalement lente. Marcher de manière très lente telle une tortue.
Enfermer le loup dans la bergerie : faire entrer quelqu’un dans un lieu où il peut facilement nuire aux autres.
Etre une cervelle d’oiseau : être une personne qui ne réfléchit pas beaucoup.
Sauter du coq à l’âne : passer d’un sujet à un autre sans qu’il y ait de rapport direct entre les sujets abordés.
Donner sa langue au chat : solliciter la réponse à une question ou à un problème après avoir donné plusieurs réponses fausses ; s’avouer incapable de répondre.
Etre vache (populaire) : être dur, méchant et désagréable avec quelqu’un.
Manger (bouffer) de la vache enragée : vivre dans des conditions matérielles difficiles (avant de connaître la réussite) :  « avoir de la peine à joindre les deux bouts » (vivre dans une situation financière précaire).
Etre chouette : être, en parlant d’une personne ou d’une chose, agréable et sympathique.
Etre doux comme un agneau : être d’un caractère agréable et plutôt non violent.
Faire la chèvre (populaire) : agir de manière désordonnée, voire irresponsable.
Etre têtu comme une mule ; une vraie tête de mule : ne pas vouloir changer d’avis ou admettre une erreur malgré l’évidence des arguments présentés par une autre personne.
N’en faire qu’à sa tête : refuser tout conseil ou remarque.
Monter sur ses grands chevaux : prendre quelque chose ou quelqu’un de haut, s’emporter, se mettre en colère.  Etre un requin : s’emploie pour désigner une personne peu scrupuleuse.
Etre jaloux comme un tigre : être d’une jalousie maladive   

Avoir une mémoire d’éléphant : se dit d’une personne qui a une excellente mémoire.
Etre comme un éléphant dans un magasin de porcelaine : intervenir maladroitement dans une affaire délicate.
Jouer l’autruche. Pratiquer la politique de l’autruche : refuser de croire ce qui est pourtant une évidence. Refuser de voir le danger.
Etre rusé comme un (vieux) renard : se dit d’une personne très habile pour obtenir ce qu’elle désire ;    Etre un chaud comme un lapin : se dit d’un homme qui a beaucoup de tempérament, plus spécialement en ce qui concerne ses appétits sexuels.
Tenir la jambe à quelqu’un : expression populaire signifiant « Importuner quelqu’un par des propos futiles. »
Faire des ronds de jambe : faire beaucoup de manières en vue de plaire à quelqu’un.
Avoir une sale tête : se dit généralement d’une personne au caractère un peu difficile, ombrageux et antipathique.
Faire la tête : manifester sa mauvaise humeur, bouder.
Dominer de la tête et des épaules : dans une compétition, être beaucoup plus fort que son (ou ses) adversaire(s).
Avoir un regard perçant : se dit d’une personne qui a un regard très vif et brillant.
Avoir les coudées franches : avoir toute liberté d’agir.
Se tenir les pouces : voir venir quelque chose avec appréhension mais en espérant que tout se passera bien.  

Se tourner les pouces : ne rien faire et être un peu paresseux (regarder voler les mouches).  Ne pas arriver à la cheville de quelqu’un : désigne une personne très inférieure à une autre (capacités intellectuelles)
N’être plus que l’ombre de soi-même : se dit de quelqu’un qui a perdu complètement sa vitalité et son enthousiasme.  

Etre en cheville avec quelqu’un : s’utilise pour désigner une personne qui travaille en étroite collaboration avec une autre personne dans une affaire un peu douteuse.
Avoir la main heureuse : avoir de la chance lorsqu’il faut opérer un choix dans une affaire où le hasard tient une grande place.
Mettre la main à la pâte : participer activement et personnellement à un travail.
Prendre quelqu’un la main dans le sac : le surprendre  en train de commettre un délit,  (« prendre quelqu’un sur le fait. »)
N’avoir ni queue ni tête : n’avoir aucun sens, aucune signification.
Etre hors de soi : se dit d’une personne qui est très en colère.
Se faire tirer l’oreille : s’utilise pour désigner une personne qui fait ce qu’on lui demande mais avec mauvaise grâce.
Faire dresser les cheveux sur la tête : inspirer un sentiment d’épouvante et de crainte.
Avoir quelque chose derrière la tête : s’emploie pour désigner une personne qui a une intention qu’elle ne veut pas dévoiler.
Tenir tête à quelqu’un : s’opposer fermement à quelqu’un, résister à quelqu’un.
Un casse-tête (chinois) : s’utilise pour désigner un problème difficile à résoudre.
Se mettre le doigt dans l’œil : s’utilise pour désigner une personne qui se trompe complètement.
Savoir sur le bout du doigt : savoir parfaitement quelque chose ; savoir par cœur.
Ne pas avoir froid aux yeux : expression employée pour désigner une personne qui n’a pas peur, qui est audacieuse.
Sauter aux yeux : expression utilisée pour désigner une chose qui est évidente, manifeste.
Coûter les yeux de la tête : coûter très cher.
Avoir les yeux plus gros (grands) que le ventre : s’utilise pour dire qu’une personne a des désirs que ses possibilités ne lui permettent pas de réaliser.
Obtenir (ou avoir) quelque chose à l’œil : expression familière signifiant «obtenir quelque chose gratuitement ».
Avoir quelqu’un dans le nez : expression utilisée pour désigner quelqu’un que l’on n’aime pas beaucoup, ou même que l’on déteste.
Réussir (ou gagner) les doigts dans le nez : expression populaire signifiant « gagner très facilement » ou « réussir très facilement »
Faire des pieds et des mains : insister beaucoup pour obtenir d’une personne ou d’une organisation un renseignement qu’elle ne veut généralement pas vous donner.
Remuer ciel et terre : employer tous les moyens possibles pour obtenir quelque chose.    Prendre ses jambes à son cou : partir très vite parce que l’on a peur de quelqu’un ou de quelque chose.
Se faire des cheveux : se faire du souci pour quelque chose ou quelqu’un.
Couper les cheveux en quatre : expression utilisée pour désigner une personne pointilleuse à l’excès et qui se perd dans les détails.   Perdre son sang-froid : ne plus être en mesure de réagir sainement dans une situation difficile ou imprévue.
Ne pas se faire de bile : ne pas se faire de souci
Avoir mal au cœur : expression utilisée pour désigner une personne qui se sent mal et qui est sur le point de vomir.
Faire mal au cœur : expression utilisée pour exprimer la peine ou le chagrin causés à quelqu’un par quelqu’un ou quelque chose.  

Avoir le cœur sur la main : être très généreux .
En avoir plein le dos,  « en avoir par-dessus la tête » : être excédé par quelque chose ou quelqu’un. ».
Tourner les talons : faire demi-tour, généralement de manière précipitée.
Ne pas manquer d’air (ou de souffle) : désigne une personne qui a beaucoup de culot, de toupet, de suffisance.
Etre à bout de souffle : être extrêmement fatigué, en général après une longue course. Etre hors d’haleine.
Ne pas avoir la langue dans sa poche : s’utilise pour désigner une personne qui sait facilement répondre aux propos d’une autre personne.
Avoir la langue bien pendue : désigne  une personne qui est bavarde et qui parle très facilement.
Etre mauvaise langue : désigne une personne qui n’hésite pas à médire, à calomnier.
Etre bonne poire : désigne  une personne qui a bon caractère mais qui est un peu naïve et facile à tromper.
Etre une grosse légume : désigne, familièrement,  un personnage important et influent.
Les carottes sont cuites : expression populaire et familière signifiant qu’une partie est définitivement perdue, même s’il est théoriquement possible de renverser encore la situation.
C’est la fin des haricots : expression familière signifiant que tout est perdu, et que la situation désastreuse dans laquelle on se trouve, ne pourra pas être renversée.
S’occuper de ses oignons : se mêler de ses oignons.

En faire tout en fromage : exagérer l’importance d’une chose ou d’un événement.
En faire tout un plat ;  « en faire toute une histoire ».
Vouloir le beurre et l’argent du beurre : signifie que quelqu’un veut obtenir tous les avantages d’une situation sans contrepartie.
Etre un navet : s’utilise pour désigner une chose – généralement un film – de mauvaise qualité.
Jeter des fleurs (ou lancer des fleurs) à quelqu’un : faire des compliments à quelqu’un.
Etre rapide comme l’éclair : être d’une rapidité extrême, instantané. »
Perdre les pédales : paniquer, s’affoler » dans une situation plutôt inhabituelle.
En avoir ras le bol : en avoir assez de quelque chose, « En avoir par-dessus la tête. »
Envoyer quelqu’un au diable (Allez au diable !) : très loin, le plus loin possible ; se débarrasser de quelqu’un.
Envoyer promener quelqu’un : signification semblable à la précédente, mais un peu moins forte dans son sens.   Filer à l’anglaise : partir sans se faire remarquer ; partir sur la pointe des pieds.   

Avoir carte blanche (donner carte blanche à quelqu’un.) : laisser toute l’initiative à quelqu’un, donner pleins pouvoirs à quelqu’un pour exécuter une tâche particulière.
Voir la vie en rose, (voir tout en rose.) : considérer la vie d’une manière optimiste, ne voir que le bon côté des choses.
Ne pas être dans son assiette : désigne  une personne qui  ne se sent pas bien.
Etre blanc comme un linge : désigne une personne qui a eu très peur et qui est très pâle.
Etre blanc comme neige : désigne  une personne qui n’a rien à se reprocher.
Etre vert de rage : être dans une grande colère («  Etre rouge de colère »).
Avoir une peur bleue : expression familière qui signifie avoir très peur.
Etre un parfait cordon-bleu : se dit d’une personne qui cuisine très bien, mais dont ce n’est pas le métier.
Etre mauvais joueur : expression signifiant qu’une personne n’aime pas perdre quand elle joue (aux cartes, au tennis, etc.) et qui manifeste de la mauvaise humeur.
Etre dans les nuages : sembler être  perdue dans ses pensées.
Mettre la charrue avant les bœufs : faire les choses dans le mauvais ordre, aller trop vite dans la réalisation d’une tâche.   Chercher midi à quatorze heures : rendre inutilement compliqué une chose simple.
Retourner sa veste : changer brusquement et complètement d’avis, d’opinion, de parti.
Avoir un coup de foudre : tomber soudainement et passionnément amoureux de quelqu’un.
Avoir le coup de foudre pour… : avoir une passion soudaine pour quelque chose, par exemple un endroit, une maison, un tableau, etc.)
Porter le chapeau ; faire porter le chapeau à quelqu’un : être rendu responsable d’une chose que l’on n’a pas commise ; rendre quelqu’un responsable d’une chose qu’il n’a pas commise.
On lui donnerait le Bon Dieu sans confession (souvent aussi employé au conditionnel passé) : expression signifiant que la personne dont on parle « a un visage innocent et une apparence très honnête alors que ce n’est pas le cas »
Marquer le coup : souligner un événement par une action particulière.
Accuser le coup : subir ouvertement un événement désagréable.
Se mettre en quatre : se donner beaucoup de peine pour quelqu’un, être d’une extrême serviabilité.
Etre plié en quatre : rire énormément en entendant ou en voyant quelque chose de drôle   

Se mettre sur son trente-et-un : s’habiller très bien, avec élégance (tiré à quatre épingles).
Tous les trente-six du mois : jamais.
Etre la cinquième roue du char (du carrosse) : être inutile dans une entreprise, dans une activité, ou traitée comme telle.
Cirer les pompes à quelqu’un : flatter bassement ; lécher les bottes à quelqu’un.
Il n’y a que le premier pas qui coûte : lorsqu’on veut entreprendre quelque chose, c’est en général la décision qui est difficile à prendre. Une fois la décision prise, c’est moins difficile à réaliser.
Mettre les bâtons dans le roues : gêner volontairement quelqu’un dans ce qu’il entreprend ».
Il y a à boire et à manger : avoir de bons et de mauvais aspects dans une affaire.
S’en mettre plein les poches ; (ou se remplir les poches) : gagner beaucoup d’argent de manière généralement malhonnête.
Lancer le bouchon (un peu) trop loin : exagérer.
La mettre en veilleuse : se taire, baisser le ton
Etre dans le pétrin : se trouver dans une situation embarrassante, difficile,  inextricable.   La belle affaire ! : Ce n’est pas si important.
Parler le français comme une vache espagnole : parler très mal le français.
Errer (ou être) comme une âme en peine : être très malheureux et très triste.
Passer devant la glace : arriver trop tard pour obtenir quelque chose dont on aurait pourtant pu bénéficier.
A tout bout de champ : très souvent, à chaque instant.
Découvrir le pot aux roses : découvrir la réalité cachée d’une chose.
Avoir maille à partir avec quelqu’un : avoir des problèmes, un différend avec quelqu’un – expression souvent utilisée dans les relations avec les forces de l’ordre.
Il y a deux poids deux mesures : juger deux affaires similaires de manière différente selon les circonstances.
Etre (ou chercher un) le bouc émissaire : une personne sur qui on fait retomber toutes les responsabilités, afin de ne pas avoir à endosser ses propres erreurs.
Avoir des sueurs froides : avoir très peur.
Etre fauché (comme les blés) : n’avoir presque plus d’argent, ne plus être en mesure de (se) payer quoi que ce soit d’important.
Partir en quatrième vitesse : partir très vite, le plus vite possible, précipitamment.
Faire la pluie et le beau temps : être très puissant, décider de tout.
Ne pas être tombé de la dernière pluie : avoir de l’expérience, n’être pas facile à tromper.
Mettre les points sur les « i » : expliquer complètement quelque chose à une personne qui ne la comprend pas ou qui ne veut pas la comprendre.
Avoir du pain sur la planche : avoir beaucoup de travail à accomplir.
Venir des quatre coins du monde : venir de partout, du monde entier .
Tomber dans le panneau : se laisser facilement tromper.
Coiffer au poteau; (Coiffer sur le poteau) : gagner une compétition au dernier moment.
Ne faire ni une ni deux : agir sans hésitation.
Partir comme des petits pains : expression signifiant qu’un produit de consommation se vend – où s’est vendu – très vite et en grandes quantités.
C’est dans la poche : expression populaire signifiant que le succès d’une chose est assuré.
C’est du tout cuit : expression populaire – très semblable à la précédente – signifiant que le succès d’une chose est assuré par avance.
Aller comme un gant : convenir parfaitement  (comme un gant épouse la forme de la main), soit au sens propre, soit au sens figuré.
Couper la poire en deux : partager les risques ou les bénéfices d’une entreprise quelconque» de manière équitable.
Tomber de haut : être complètement surpris, abasourdi par une chose ou un discours complètement inattendus et plutôt désagréables.
En voir de toutes les couleurs : supporter de nombreuses choses désagréables, faire des expériences plutôt négatives.
En faire voir de toutes les couleurs à quelqu’un : expression semblable à la précédente, mais utilisée de manière active.
En faire voir des vertes et des pas mûres à quelqu’un.   

Couper l’herbe sous les pieds de quelqu’un : priver quelqu’un d’un avantage attendu en le devançant au dernier moment.
Avoir plusieurs cordes à son arc : disposer de plusieurs possibilités pour arriver à un même résultat.
Mieux vaut chercher une aiguille dans une botte de paille : chercher quelque chose qui est presque impossible à trouver (ou retrouver).
Chercher la petite bête : être excessivement méticuleux dans la recherche des erreurs, des imperfections, dans la critique.
Etre dans ses petits souliers : être extrêmement mal à l’aise.
Remplacer quelqu’un au pied levé : remplacer quelqu’un au dernier moment.
Se fourrer le doigt dans l’œil : se tromper complètement.
Motus et bouche cousue : discrétion absolue demandée.
Y aller au pifomètre : donner une réponse au hasard ou de manière approximative lorsqu’on ne connaît pas exactement la dite réponse.
 Mettre la puce à l’oreille : éveiller l’attention et les soupçons de quelqu’un au sujet de quelque chose.
Rouler les mécaniques : avoir une attitude prétentieuse et un peu agressive. »
Etre tiré par les cheveux : le raisonnement est à la limite du défendable, voire douteux.
Ne pas voir plus loin que le bout de son nez : ne pas être capable d’un grand discernement, d’une très grande clairvoyance.  (Généralement employée avec une nuance de mépris).
Voir quelque chose par le petit bout de la lorgnette : examiner quelque chose de manière étroite, par son petit côté, sans le recul nécessaire pour en avoir une vision claire.
Friser le code : être à la limite extrême de l’honnêteté.
Trouver chaussure à son pied (ou ne pas trouver …) : trouver ce qui convient parfaitement à ce que l’on cherche.
Il vaut mieux s’adresser au Bon Dieu qu’à ses saints : il vaut mieux s’adresser immédiatement à la personne capable de prendre une décision plutôt qu’à des subordonnés qui devront de toute façon en référer à leurs supérieurs.
Le jour « J » : désigne le jour précis où quelque chose doit être réalisée.
Avoir un blanc : ne pas se souvenir de quelque chose juste au moment où l’on voudrait en parler.
Fondre comme neige au soleil : disparaître très rapidement, généralement en parlant des économies ou de la fortune d’une personne.
Piquer un fard : expression populaire signifiant « devenir rouge » en parlant d’une personne.   Faire un froid de canard (il fait un froid…) : expression populaire qui signifie « faire très froid ».
Etre un mauvais coucheur : avoir plutôt mauvais caractère,  être d’un commerce peu agréable avec les autres.
Etre mis à pied : expression signifiant qu’une personne ne reçoit plus son salaire parce qu’elle a commis une faute grave. (C’est le stade ultime avant le renvoi). La mise à pied n’intervient généralement que dans les administrations publiques.
Etre derrière les barreaux : être  en prison.
Etre un fils à papa : désigne généralement un jeune homme qui est le fils d’un homme soit riche, soit arrivé et qui ne réussit qu’à travers son père.
Etre de mauvais poil : être de mauvaise humeur.
Etre à poil : être complètement nu (populaire).
Se mettre à poil : expression populaire signifiant « se déshabiller complètement »
Taper le carton : expression populaire signifiant « jouer aux cartes ».
Pendre la crémaillère : expression que l’on utilise pour désigner la petite fête qu’une personne ou une famille organise lorsqu’elle s’installe dans une nouvelle maison ou un nouvel appartement.
Etre de mèche avec quelqu’un : être complice de quelqu’un.
Faire une tête d’enterrement : avoir un regard extrêmement triste, comme celui qu’on peut avoir lors d’un enterrement.   

Il y a belle lurette : il y a longtemps.   De longue date : depuis très longtemps.   

Au beau milieu : en plein milieu.     Faire le poing dans sa poche : supporter en silence un événement désagréable.
Etre un bourreau du travail : travailler énormément en parlant d’une personne (ou travailler plus que la moyenne).
Au fil des années : tout au long des années, au cours des années.   

Avoir la haute main sur quelque chose : dominer très largement dans un domaine particulier, en parlant d’une personne.
Faire main basse sur quelque chose : s’emparer de quelque chose, souvent de manière plus ou moins honnête.
Regarder quelqu’un de travers : regarder quelqu’un avec suspicion, animosité, parfois avec hostilité.
Accueillir (ou recevoir) quelqu’un à bras ouverts : chaleureusement   Etre accueilli (ou reçu) comme un chien dans un jeu de quilles : très mal accueilli.
Travailler d’arrache-pied : fournir un travail intense en vue de terminer un ouvrage dans un délai donné.   

Regarder du coin de l’œil : regarder quelqu’un à la dérobée, sans en avoir l’air.
Changer son fusil d’épaule : changer d’opinion à propos d’un sujet quelconque. Jouer la fille de l’air : s’enfuir (prendre la clé des champs)
Mettre les voiles : expression populaire signifiant « partir »
Prendre racine :  s’installer chez quelqu’un sans donner l’impression de vouloir repartir.
Pêcher en eau trouble : tirer avantage plus ou moins honnête d’une situation confuse ou peu claire.
Mettre des gants pour dire quelque chose à quelqu’un (Ne pas mettre…) : agir avec délicatesse et ménagement afin d’éviter de blesser quelqu’un à qui l’on a quelque chose à dire. » (L’expression s’emploie aussi souvent à la forme négative)
Dire à quelqu’un ses quatre vérités : dire à quelqu’un des vérités désobligeantes et blessantes, de manière assez brutale.   Etre assis entre deux chaises : se trouver dans une situation difficile, inconfortable, délicate à résoudre.   

Connaître (savoir) le fin mot de l’histoire : obtenir l’explication réelle d’une chose, la réalité derrière les apparences.
Passer un savon à quelqu’un (ou se faire passer un savon : expression familière signifiant « réprimander quelqu’un avec vigueur ».   Ne pas mâcher ses mots : s’exprimer sans ménagement.   

Ne pas y aller avec le dos de la cuillère : faire les choses carrément, y aller très fort. Brûler la chandelle par les deux bouts : gaspiller son argent et son temps de manière très intense », mais aussi « Vivre sa vie de manière très intense en usant et abusant des plaisirs de l’existence ».    Ne pas savoir tenir sa langue : n’être pas capable de garder un petit secret.
Ne pas lever (bouger) le petit doigt (en faveur de quelqu’un) : ne rien faire pour aider quelqu’un alors qu’on en a la possibilité, ne pas intervenir.
Ne pas y aller de main morte : frapper violemment et – au sens figuré – agir, intervenir violemment.
Ne pas garder les vaches (ou les cochons) ensemble :  remettre à sa place une personne prétendument grossière et mal élevée, appartenant à une classe sociale dite inférieure et qui n’est par conséquent pas l’égale de la personne à qui elle parle.  

  




Patrimoine culturel – Patrimoine et tourisme

29112008

Chaque élément du patrimoine culturel est unique et irremplaçable: 
Les productions du passé ne peuvent pas être renouvelées : elles ne constituent pas une ressource inexhaustible. Notre patrimoine a le droit d’être transmis aux futures générations et, en même temps, il devrait pouvoir s’enrichir des créations et témoignages de notre propre époque. 

Chaque élément du patrimoine culturel est vulnérable et fragile: 


La négligence, des traitement inappropriés, ou tout simplement le passage du temps affectant un matériau suffisent parfois à le rendre fragile, et à l’altérer au point de rendre nécessaire une intervention de conservation pour en assurer la survie. 
Chaque élément du patrimoine culturel contient un ou plusieurs messages: 
Notre patrimoine résulte de la superposition de nombreuses strates historiques et temporelles, et il est nécessaire de respecter cette évolution pour le conserver. Les messages attendent d’être redécouverts ou réinventés. 

Patrimoine et  tourisme  Le patrimoine culturel est constitué de biens fragiles pouvant se détériorer à la fois lentement ou rapidement, en raison de phénomènes naturels et humains.
Même si cette détérioration ne peut pas être complètement arrêtée, votre comportement peut contribuer à en ralentir le processus. Comment contribuer à la préservation du patrimoine pour les générations à venir :

  1. Acceptez les restrictions
    Acceptez de bonne grâce certaines interdictions (ne pas toucher, ne pas photographier, ne pas courir) ou restrictions. 
  2. Evitez de toucher
    Rappelez-vous que chaque contact, même le plus innocent effleurement, se transforme en menace lorsqu’il est répété par 1000, 10000, 100000 personnes. 
  3. Portez des chaussures adaptées
    Pour éviter d’endommager les pierres ou mosaïques anciennes, portez des chaussures adaptées, et gardez talons hauts et semelles cloutées pour d’autres
    occasions. 
  4. Les désastres du sac à dos
    Lorsque vous vous trouvez dans un espace clos et rempli de personnes, comme un tombeau ou une chapelle offrant des fresques, faites attention à votre sac à dos : il pourrait frotter contre les murs et détruire les fresques. 
  5. Evitez l’escalade
    Les statues, les monuments et les murs anciens ont survécu à travers les siècles, et ils sont vieux et fragiles. Evitez de les escalader pour prendre des photos ou vous faire photographier. 
  6. Stop aux graffitis
    Bien que le désir d’être immortel soit inhérent à la nature humaine, résistez à la tentation de gribouiller votre nom ou de dessiner sur les monuments et les bâtiments. 
  7. Mosaïques manquantes
    Vous aimeriez remporter à la maison en guise de souvenir un morceau de la mosaïque que vous avez tant admirée ? Combien de visiteurs ayant le même souhait faudra-t-il avant que la mosaïque disparaisse pour toujours ? 
  8. Achetez responsable
    Les personnes dérobant les biens culturels de touts types ouvrent la voie au pillage systématique et au trafic illicite d’œuvres d’art. Faites attention si vous achetez des objets dont la provenance est inconnue. 
  9. Ne salissez pas
    Les sites historiques et archéologiques ne sont pas des poubelles. Emportez vos détritus avec vous ! 
  10. Respectez le silence
    Soyez respectueux de l’atmosphère de certains lieux qui invitent à la méditation et au silence, et évitez la pollution sonore (cris, klaxons, radios, téléphones
    mobiles etc.). 

La protection de notre patrimoine culturel dépend de chacun de nous, et nous concerne tous. 




Culture, patrimoine, conservation, restauration: LIENS, BOURSES, STAGES

29112008

http://www.iccrom.org/index_fr.shtml 

Centre International pour la conservation et la restauration des biens culturels. 

http://www.qantara-med.org           Patrimoine méditerranéen

http://www.euromedheritage.net          Soutien du Patrimoine méditerranéen. 

http://www.imarabe.org          Institut du Monde Arabe – Paris 

http://www.minculture.gov.ma          Ministère de la Culture- Maroc 

http://www.m-culture.gov.dz/           Ministère de la culture- Algérie 

http://www.culture.gov.lb/          Ministère de la culture- Liban 

http://www.legadoandalusi.es/legado/         Patrimoine Andalou ;  culture hispano-musulmane (Historia, Arte, culturahispano-musulman). 

http://www.tourism.jo/ 

Ministère jordanien du tourisme  http://www.andalusite.ma/ 

Centre des études andalouses et du dialogue entre les civilisations http://www.lettre-reseaux-langues-cultures 

Langue française, diversité culturelle et linguistique. 

Bourses, stages 17 novembre. Advanced Masters in Structural Analysis of Monuments and Historical Constructions


Bourses universitaires

Date limite d’envoi des candidatures : 31 janvier 2009 

http://www.msc-sahc.org/ 31 octobre. Fondazione Luigi Spezzaferro, Italie
Bourse universitaire (pdf)


Date limite d’envoi des candidatures : 1 décembre 2008 

http://www.iccrom.org 26 october. Getty Conservation Institute, Etats-Unis


Guest Scholar Program,
Postdoctoral Fellowship in Conservation Science
Date limite d’envoi des candidatures : visiter le site Internet 

http://www.getty.edu/grants/research/scholars/Research_GCIPostdoc.html 
Graduate Internships at the Conservation Institute
Date limite d’envoi des candidatures : 15 décembre 2008 13 octobre.

Fondation Marc de Montalembert, Paris
Bourse 2009 pour la connaissance des cultures de la Méditerranée


Date limite d’envoi des candidatures : 31 décembre 2008 

http://www.fondationmdm.com/bourse.html 18 septembre. Ministère des Affaires Etrangères de France; 

Ministère de l’Enseignement Supérieur et à la Recherche; Centre National de la Recherche Scientifique (CNR), et la Fondation « Maison des Sciences de l’Homme » à Paris.


Bourses postdoctorale Hermès

Date limite d’envoi des candidatures : 21 mars 2009 

http://www.fondationmdm.com/bourse.html 

Février. Smithsonian, Etats-Unis
Bourses et stages : conservation
Date limite d’envoi des candidatures : visitez le site Internet 

http://www.fondationmdm.com/bourse.html 

Février. The Getty, Etats-Unis
Bourses Getty : conservation
Date limite d’envoi des candidatures : visitez le site 

http://www.getty.edu/grants/conservation/ 




Découvrez la musique persane

29112008

Mohammad Reza Shadjarian & Ensemble Aref  :

Dastgah Chahargah – Classical Persian Music   

La voix de Shadjarian est caressante, touchante, d’une douceur et expressivité incroyable. L’ensemble réunit sous la direction du compositeur Parviz Meshkatian les onze meilleurs musiciens d’Iran Les racines de la musique perse remontent à l’Antiquité. Lors de sa conquête de l’Orient, Alexandre le Grand fut fasciné par les instruments et les mélodies qu’il y entendit. On peut dire que le haut plateau de l’Iran et la Mésopotamie sont les berceaux de la musique. C’est là qu’ont été inventés les instruments que l’on retrouvera bien plus tard sous des formes diverses. 

 De grandes improvisations instrumentales composent l’arrière-plan musical du chant de Shadjarian. Le plus grand chanteur classique de Perse chante des poèmes de Sa’di et Hafez, poètes du XIVe siècle.

 Mohammad Reza Shajarian naquit  à Mashad (Iran) en 1940. Très tôt, il apprit le chant spirituel (cinq ans) avec son père, puis quelques années aparè  étudia le répertoire classique  (radif)  avec Esmaeil Mehrtash, Ahmad Ebadi, Reza Gholi Mirza Zelli, Ghamar Molouk Vaziri, Eghbal Azar, Gholam Hossein BananAbdollah Davami .  Jeune instituteur, il devint professeur à l’Université de Téhéran ,  puis  travailla à la radio et à la télévision nationale où il a chanta avec les meilleurs instrumentistes iraniens :  Parviz MeshKatian, Mohammad Reza Lotfi, Hossein Ali zadeh, Faramaz Payvar. Il s’initia également au  Santur grâce à Jalal Akhbari ainsi qu’à  Faramaz Payvar.                                                  

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 Parissa & Ensemble Dastan  : Shoorideh    

Très grande personnalité de la musique iranienne, Parissa s’évertue à raviver en permanence les grandes pages classiques du répertoire persan. Les rares sorties de Parissa hors de Téhéran ameutent des admirateurs de toutes origines ; disques de cette artiste trouvent une audience largement au-delà des seuls connaisseurs. C’est qu’il  y a sur sa voix très souple  l’empreinte d’une humanité et d’une sincérité rare. 

  Il y a aussi les compositions qu’elle choisit de jouer. Elles sont captivantes. Ainsi, le double cd enregistré avec l’ensemble Dastan, l’un des plus réputés dans son genre, qui propose de longs poèmes chantés. Les musiques, inspirées par des airs traditionnels, sont écrites dans les modes afshari et dashti par, respectivement, Saïd Farajpoori et Hamid Motebassem Les  textes sont ceux des poètes persans anciens à la plume si déliée : Rumi, Hafez, Sa’Di et Attar. L’amour est leur principale source d’inspiration. C’est l’amour de Dieu , l’ amour pour l’autre, qu’il soit homme ou femme . Hormis la qualité du langage imagé, dont les écrivains orientaux sont si friands, toute la saveur de ces textes se trouve là, dans cette confusion des sens.  Hossein Behrooznia 

 POUR VOIR ET ECOUTER ALLEZ  SUR YOUTUBE . 




6 000 langues: un patrimoine en danger

29112008

                                                                 6 000 langues: un patrimoine en danger  Ranka Bjeljac-Babic  Dix langues meurent chaque année dans le monde. Avec elles disparaissent des trésors culturels. Parce que ce processus d’extinction s’emballe, un sursaut international est requis.     L’immense majorité des langues serait-elle condamnée à disparaître à court terme? Les linguistes estiment qu’un idiome ne peut survivre qu’à condition de compter au moins 100 000 locuteurs. Or, sur les quelque 6 000 langues qui existent actuellement dans le monde, la moitié comptent moins de 10 000 locuteurs et un quart moins de 1 000. A peine une vingtaine sont parlées par des centaines de millions de personnes.
  La mort des langues n’est pas un phénomène nouveau. Depuis qu’elles se sont diversifiées, au moins 30 000 sont nées et se sont éteintes, souvent sans laisser de trace. D’aucuns portent ce nombre jusqu’à 500 000. A cette très grande mortalité correspond une durée moyenne de vie relativement courte. Rares sont celles qui, comme le basque, l’égyptien, le chinois, le grec, l’hébreu, le latin, le persan, le sanskrit, le tamoul et quelques autres ont soufflé leurs
2 000 bougies.
Internet et l’exclusion des «petites» langues:

 
Ce qui est nouveau, en revanche, c’est la vitesse à laquelle elles périssent en ce moment. En remontant dans le temps, on s’aperçoit que le déclin de la diversité linguistique a été considérablement accéléré par les conquêtes colonialistes européennes qui ont éliminé au moins 15% des langues parlées à l’époque. Au cours des trois derniers siècles, l’Europe en a elle-même perdu une dizaine. En Australie, il ne reste plus que 20 des 250 langues parlées à la fin du XVIIIe siècle. Au Brésil, environ 540 (soit les trois quarts) sont mortes depuis le début de la colonisation portugaise, en 1530.
  La naissance des Etats-nations, dont l’unité territoriale était étroitement liée à leur homogénéité linguistique, a également joué un rôle décisif dans la consolidation des langues adoptées comme nationales, et la marginalisation des autres. Déployant de gros efforts pour instaurer une langue officielle dans l’éducation, les médias et l’administration, les gouvernements ont consciemment visé l’élimination des langues minoritaires.
  Ce processus d’homogénéisation s’est renforcé avec l’industrialisation et le progrès scientifique, qui ont imposé de nouveaux modes de communication, rapides, simples et pratiques. La diversité des langues a été alors perçue comme une entrave aux échanges et à la diffusion du savoir. Le monolinguisme est devenu un idéal. C’est ainsi qu’à la fin du XIXe siècle, est née l’idée d’une langue universelle (on a même songé à revenir au latin), qui a donné lieu à une prolifération de langues artificielles. Le volapük a été la première d’entre elles, tandis que l’espéranto a connu le plus vif succès et la plus grande longévité.
  Plus près de nous, l’internationalisation des marchés financiers, la diffusion de l’information par les médias électroniques et les autres avatars de la mondialisation ont intensifié la menace qui pesait déjà sur les «petites» langues. Une langue qui n’est pas employée sur Internet «n’existe plus» dans le monde moderne. Elle est hors circuit. Elle est exclue du «commerce».
  Le rythme d’extinction des langues a ainsi atteint des proportions sans précédent dans l’histoire: 10 par an à l’échelle mondiale. L’avenir paraît encore plus sombre. Selon les pronostics, de 50 à 90% des langues parlées aujourd’hui mourront au cours de ce siècle. Leur préservation est une affaire urgente.
  Les conséquences de la disparition des langues sont graves à plus d’un titre. Si nous devenions tous uniformément monolingues, notre cerveau en serait affecté, au point de perdre une partie de notre créativité linguistique innée. Toute tentative de remonter aux origines du langage humain deviendrait impossible et le mystère de la «première langue» ne serait jamais percé. Par ailleurs, avec la mort de chaque langue, un volet de l’histoire de l’humanité se referme.
Un «Rio des langues»:
 
Le plurilinguisme est le reflet le plus fidèle du multiculturalisme. La disparition du premier entraînera inévitablement la perte du second. Imposer une langue à des populations dont la culture et le mode de vie ne s’y identifient pas, c’est étouffer l’expression de leur génie collectif. Les langues ne sont pas seulement le moyen privilégié de communication entre les humains, elles incarnent la vision du monde de leurs locuteurs, leurs imaginaires, leurs façons de véhiculer le savoir. Malgré toutes leurs parentés, elles reflètent différemment la réalité. Ainsi, lorsqu’on répertorie les mots qui existent dans toutes les langues et ont strictement le même sens, on n’en trouve que 300 tout au plus. Parmi eux, figurent: je, tu, nous, qui, quoi, non, tout, un, deux, grand, long, petit, femme, homme, manger, voir, entendre, soleil, lune, étoile, eau, feu, chaud, froid, blanc, noir, nuit, terre, etc.
  Le danger qui pèse sur le multilinguisme est analogue à celui qui concerne la biodiversité. Non seulement parce que la grande majorité des langues sont bel et bien des «espèces» en voie de disparition, mais aussi parce qu’entre la diversité biologique et la diversité culturelle, il existe un lien intrinsèque et causal. Tout comme les espèces végétales et animales, les langues en péril sont confinées à une région exiguë; on les dit alors «endémiques». Plus de 80% des pays où il existe une «mégadiversité» biologique font partie des pays qui abritent le plus grand nombre de langues endémiques. Cette corrélation s’explique par le fait que les groupes humains, en s’adaptant à l’environnement dans lequel ils évoluent, acquièrent une connaissance particulière de leur milieu qui se reflète dans leur langue et, souvent, uniquement dans celle-ci. Ainsi, une grande partie des espèces végétales ou animales en péril ne sont connues à l’heure actuelle que par certains peuples, dont les langues s’éteignent. En mourant, elles emportent avec elles tous un savoir traditionnel sur l’environnement.
  En 1992, le sommet de Rio a mis en place des dispositifs de lutte contre la réduction de la biodiversité. L’heure est venue d’un «Rio des langues». La prise de conscience de la nécessité de protéger les langues remonte au milieu du xxe siècle, quand les droits linguistiques ont été intégrés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU (article 2). Depuis, une série d’instruments et un certain nombre de projets ont été mis en place, en vue de sauvegarder ce qui est désormais considéré comme patrimoine de l’humanité. Ces instruments ont au moins le mérite de ralentir le processus d’extinction des langues, à défaut de l’arrêter, et de promouvoir le multilinguisme dans le monde.

                                                                                                                               Le Courrier de l’UNESCO, avril 2000  Ranka Bjeljac-Babic est  maître de conférences et chercheur en psychologie du langage à l’Université de Poitiers . 




Pasa la vida: para mi Elena de Osera de Ebro…Pasa la vida(ABDELHAQ, « ELMORO », con cariño.

29112008

Pasa la vida,

pasa la vida y no has notado que has vivido
cuando pasa la vida.
Pasa la vida, tus ilusiones y tus bellos sueños,
todo se olvida.
Pasa la vida igual que pasa la corriente en el río
cuando busca el mar que son caminos diferentes
ahi a donde quiera que va.
Pasa el cariño,

pasa el cariño, un amor, un amor eterno
y luego pasa el cariño.
Pasa el cariño y apenas comprendemos que hubo un tiempo
que nos quisimos.
Pasa el cariño igual que pasa la corriente en el río
cuando busca el mar que son caminos diferentes
ahí a donde quiera que va.
Pasa la gloria,

pasa la gloria, nos llegara la soberbia
pero algún día pasa la gloria.
Pasa la gloria y desde que tu obra
ya no queda ni la memoria.
Pasa la gloria igual que pasa la corriente en el río
cuando busca el mar que son dos caminos diferentes
ahí a donde quiera que va.







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